Meurtre de Jagtar Gill: les deux accusés coupables

La famille de Jagtar Gill était soulagée à... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

Agrandir

La famille de Jagtar Gill était soulagée à la suite du verdict du jury.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Au terme de plus de cinq jours de délibération, le jury a tranché en rendant son très attendu verdict mercredi au procès pour le meurtre de Jagtar Gill.

Le mari de la défunte, Bhupinderpal Gill... (Etienne Ranger, Archives LeDroit) - image 1.0

Agrandir

Le mari de la défunte, Bhupinderpal Gill

Etienne Ranger, Archives LeDroit

L'amante du mari de la victime, Gurpreet Ronald... - image 1.1

Agrandir

L'amante du mari de la victime, Gurpreet Ronald

Le mari de la défunte, Bhupinderpal Gill, ainsi que son amante, Gurpreet Ronald, ont tous deux été déclarés coupables de meurtre prémédité, et sont ainsi condamnés à purger une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Les réactions n'ont pas tardé dans la salle remplie à craquer lors du prononcé du verdict de culpabilité par l'un des représentants du jury composé de sept hommes et cinq femmes, sur le coup de 11h15: les membres de la famille et amis de la victime ont chaudement applaudi et poussé des cris de joie, d'autres ont levé les mains vers le ciel ou éclaté en sanglots. 

Assis côte à côte dans le box des accusés, Gill et Ronald, d'ex-chauffeurs d'OC Transpo qui avaient plaidé non-coupable, n'ont pas bronché et n'ont pas voulu s'adresser à la juge ni aux jurés avant de prendre la direction du pénitencier. Mme Ronald a fixé le sol durant de longues minutes, alors que son coaccusé regardait droit devant lui.

Plus tard en soirée, l'avocat de Bhupinderpal Gill, Me James Harbic, a indiqué que son client comptait faire appel du jugement. 

La juge Julianne Parfett, qui présidait le procès long de neuf semaines, a tenu à remercier les jurés pour leur «difficile» travail. La semaine dernière, elle avait prévenu ces derniers de ne pas baser leur décision sur des sentiments de sympathie ou de peur.

La victime, Jagtar Gill... - image 2.0

Agrandir

La victime, Jagtar Gill

Jagtar Gill, 43 ans, a été assassinée à l'arme blanche. La mère de trois enfants a été poignardée à plusieurs reprises dont au cou dans la résidence familiale du secteur Barrhaven, le 29 janvier 2014, jour de son 17e anniversaire de mariage, en plus d'avoir été battue à coups de barre de métal. C'est sa fille de 15 ans qui aurait fait la macabre découverte ce jour-là. 

À leur sortie du palais de justice d'Ottawa, les proches de Jagtar Gill ont une fois de plus démontré leur soulagement, disant qu'ils allaient maintenant pouvoir mieux dormir même si la douleur d'avoir perdu un être cher est encore très vive. Ensemble, ils ont entonné une prière sikh à deux reprises, en salle de cour ainsi qu'à l'extérieur. 

La soeur de la victime, Herjindeer, peinait à contenir ses émotions devant les journalistes.

«Ça fait deux ans et demi qu'on vient ici tous les jours et que l'on souffre. On remercie le jury d'avoir rendu la bonne décision. Jagtar était une très bonne soeur, une très bonne mère, une très bonne fille», a-t-elle lancé, disant souhaiter que les cendres de sa soeur soient apportées en Inde, leur pays natal.

La nièce de la victime, Ramandeep Chahal, qui a lu en cour un texte au nom des parents de la victime, Ajit Singh et Jagir Kaur, a remercié la communauté et la police pour leur support indéfectible, affirmant que la famille était heureuse que justice ait été rendue.

Les trois enfants de la victime n'ont pas assisté au procès ni au prononcé du verdict. 

Entretenant une relation extraconjugale depuis 2009, Bhupinderpal Gill, 40 ans, et Gurpreet Ronald, 37 ans, étaient accusés d'avoir comploté pour tuer la victime. Selon la preuve de la Couronne, c'est Mme Ronald qui aurait exécuté la tâche meurtrière, fournissant un alibi à son amant présumé.

C'est donc dire que le jury n'a pas cru à l'alibi d'aucun des deux coaccusés, puisque Gurpreet Ronald jurait devant la cour plus tôt ce mois-ci qu'elle avait découvert de façon fortuite le cadavre de la victime en entrant dans la maison pour une visite de courtoisie, Mme Gill ayant subi une opération chirurgicale peu de temps avant.

La police avait trouvé l'ADN de la victime et celui de Mme Ronald sur un gant de plastique bleu et un couteau de cuisine, deux objets dont la coaccusée a tenté de se débarrasser puis qui ont plus tard été retrouvés par la police près d'un sentier pédestre.

Les parents de la victime expriment leur douleur

Cette déclaration a été lue devant le tribunal par Ramandeep Chaal, la nièce de la victime, au nom de ses grand-parents, Ajit Singh et Jagir Kaur.

«Il n'y a pas de mots pour exprimer la douleur et l'angoisse que nous, à notre âge (73 et 71 ans), ainsi que le reste de notre famille et nos amis, avons endurées depuis le meurtre de notre fille. La décision de prendre la vie d'un être humain sans égard à l'effet que ça aura sur les autres est inimaginable et impardonnable.

La meilleure façon pour nous de décrire notre chagrin à des gens qui ont la chance de ne pas avoir eu un de leurs proches être assassiné, c'est d'imaginer la pire douleur émotionnelle qu'ils ont eu dans leur vie, et ensuite de la multiplier par 1000.

Jagtar avait un coeur aussi grand que le monde. Elle était une femme compatissante, bienveillante et aimante. Elle était travaillante et dédiée pour sa famille et ses enfants, pour qui elle ne comptait pas ses heures afin de rendre leur vie meilleure. [...] Jagtar, ta courte vie a enrichi celle de tellement d'autres gens.

Bhupinderpal Gill et Gurpreet Ronald ne méritent pas toute forme de pitié, de grâce. Même 25 ans de prison, ce n'est pas assez pour ce crime. Ça ne nous ramènera pas Jagtar. Ça ne nous redonnera pas non plus les 30 mois de votre vie que nous avons perdu.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer