Un sergent de Gatineau blanchi en déontologie

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Un policier de Gatineau, déjà acquitté de voie de fait contre une prévenue en 2012, est blanchi par le Comité de déontologie policière, relativement aux mêmes événements houleux survenus dans un bloc cellulaire.

Le sergent François Metlej, du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), peut tourner la page.

Lundi dernier, le Comité, présidé par Me Pierre Drouin a statué que le sergent Metlej n'avait pas utilisé une force excessive en assénant un coup de poing au visage de Leslie Bayard-Aikman, une femme arrêtée le 15 avril 2010 à la suite d'une affaire de violence conjugale. Le tribunal a retenu l'argument voulant que le sergent Metlej, un homme au fort gabarit, aurait pu blesser la femme sérieusement s'il l'avait voulu. La femme n'a pas été blessée, rappelle-t-on dans la décision.

Du lieu de son arrestation jusqu'au bloc cellulaire, la prévenue, agressive, n'a jamais collaboré avec le SPVG. 

Quatre policiers, dont le sergent, l'avaient maîtrisée dans la petite cellule. À la sortie des quatre agents, le sergent Metlej, dernier dans la file, a reçu un crachat au visage.

Il s'est retourné, et craignant recevoir un autre crachat, a asséné un coup de poing au visage de la femme.

« De plus, le policier précise qu'il s'agissait d'un coup contrôlé à main fermée (coup frappé), sans amplitude (sans élan),  et non d'un coup de poing asséné  avec  force. Le but n'était pas de blesser Mme Bayard-Aikman. (...) Selon le témoignage du policier, il s'agissait d'une technique enseignée à l'École nationale de police », lit-on dans la décision.

Tant dans le procès criminel que devant la déontologie, l'avocate de la défense, Nadine Touma, a fait valoir que ce coup de poing était une technique dite de « diversion ». Un expert en utilisation de la force, Martin Blanchette, a indiqué au tribunal que ce genre de coup était effectivement enseigné à l'École nationale de police.

Le procureur du Commissaire à la déontologie a fait valoir, en vain, que le sergent avait agi par vengeance.

En mars 2012, le juge Valmont Beaulieu, de la Cour du Québec, acquittait le sergent d'une accusation criminelle de voie de fait relativement à la même affaire.

La décision en quelques extraits...


«Il ne revient pas au Comité  de déterminer quelle aurait dû être la meilleure réplique du policier, mais de décider si la réplique du sergent Metlej était excessive dans les circonstances.»

«Il  ressort  des  témoignages  entendus  et  du  visionnement  de  l'enregistrement  vidéo de la cellule que Mme Bayard-Aikman a été couchée par les policiers sur le ventre sur le lit et qu'elle offrait toujours de la résistance.»

«Le  sergent  Metlej donne constamment à Mme Bayard-Aikman des consignes en lui demandant de collaborer.»

«Lorsque  les  menottes  sont  enlevées,  le sergent Metlej  lui  demande  de  ne  pas bouger tant qu'ils n'auront pas quitté la cellule.»

«La vidéo démontre que, au lieu de demeurer couchée sur le lit jusqu'à ce que les agents aient quitté la cellule comme lui avait ordonné le sergent Metlej, Mme Bayard-Aikman  s'assoit et crache au visage de ce dernier au moment où il s'apprête à franchir la porte de la cellule.»

«Le sergent Metlej témoigne que, au moment où il reçoit le crachat, il se sent agressé. Il admet s'être également senti 'insulté au plus haut point'». 

«Il n'est pas contesté qu'un crachat au visage est considéré comme une agression physique en raison notamment du risque potentiel de contamination biologique.»

«Le sergent Metlej témoigne  aussi  devant  le  Comité  que,  après  avoir  reçu  le  crachat,  il  entend  les  signes  indiquant  que  Mme Bayard-Aikman s'apprête à cracher de nouveau.»

«La preuve soumise par le Commissaire n'est pas suffisamment  convaincante pour conclure que ce policier a agi par 'vengeance'»

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