Pas le droit de se laisser mourir à l'hôpital

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Il a fallu des avis d'experts pour déclarer la dame inapte à prendre une décision éclairée, puisqu'elle se trouve dans un état de dépression.

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La Cour supérieure du Québec en Outaouais a dû autoriser l'Hôpital de Gatineau à empêcher une veuve, seule au monde, de se laisser mourir en toute connaissance de cause.

Le tribunal s'est penché sur une triste et délicate histoire, au début du mois.

Une femme de 82 ans, ayant perdu le goût de vivre depuis la perte de son mari, il y a cinq ans, a été hospitalisée après une chute. Sur son lit d'hôpital, elle a refusé de s'alimenter et de prendre ses médicaments afin de se laisser mourir. Alerte et consciente de son environnement, elle a refusé ses traitements à l'hôpital.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) s'est tourné vers la juge Carole Therrien, qui l'a autorisé à héberger et traiter la dame contre son gré.

Les soignants pourront lui administrer un soluté « pour maintenir un niveau d'hydratation suffisant », administrer « une ou plusieurs médications antidépressives et/ou antipsychotiques », lit-on dans la décision.

Le Barreau de l'Outaouais désignera un de ses membres pour représenter la dame lors des prochaines étapes, puisque son dossier doit revenir en cour pour assurer un suivi. La requête a été accordée temporairement.

Le CISSSO a soutenu que la patiente était inapte à consentir aux soins à cause de son état dépressif.

« En arrivant (à l'hôpital), résume la juge Therrien, madame a déclaré qu'elle voulait se laisser mourir, car sa vie n'a plus de sens et ne veut pas être un poids pour les autres. Elle expliquait qu'elle n'avait plus aucun intérêt pour la vie. Son existence est totalement décolorée. »

D'un côté, « la loi prévoit que Mme (...). ne peut être soumise, sans son consentement, à des soins quelle qu'en soit la nature ». De l'autre, le système de santé doit préserver la vie et aider les personnes en danger.

Il a fallu des avis d'experts pour déclarer la dame inapte à prendre une décision éclairée, puisqu'elle se trouve dans un état de dépression. « Madame connaît les risques reliés au non-traitement, car elle se laisse aller, elle veut mourir. »

Le Centre hospitalier demandait une autorisation lui permettant de prendre les moyens nécessaires à assurer la vie de la dame pendant une période de trois ans. Les traitements vont de l'administration d'antidépresseurs à d'autres soins reliés à sa santé générale.

Toujours selon le document de la cour, la dame « répète les mêmes propos et ne comprend pas pourquoi on insiste pour l'aider ». 

Son discours, lit-on, « est cohérent et bien structuré, le cours de la pensée est logique et les associations sont bien articulées. (...) Elle reprend même le Tribunal sur des détails erronés. »

Devant le tribunal, elle a dit comprendre la situation, répétant son désir de mourir. La juge a observé quelques larmes chez la dame, se sentant incomprise.

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