Le «fugitif de La Pêche» se rapproche

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Régent Boily semblait condamné à passer le reste de ses jours dans une cellule mexicaine pour un meurtre qu'il dit ne jamais avoir commis.

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«Le fugitif de La Pêche», impliqué dans une dramatique évasion d'une prison mexicaine en 1999, pourrait bien être de retour au Canada, a appris LeDroit.

Fugitif de 1999 à 2005, Régent Boily s'était réfugié à La Pêche. Extradé en 2007, il semblait condamné à passer le reste de ses jours dans une cellule mexicaine pour un meurtre qu'il dit ne jamais avoir commis. Mais l'espoir renaît, se réjouit son avocat.

Résident du secteur Masham, Régent Boily a été arrêté en possession de 580 kilos de marijuana, le 9 mars 1998, dans l'État du Zacatecas, au Mexique. Condamné à purger 14 ans de prison au Mexique, il s'est évadé un an plus tard.

Malheureusement, les choses ont mal tourné. Un gardien de prison a été tué par un des responsables de cette évasion. M. Boily a réussi à se rendre au Québec. Les autorités l'ont retrouvé six ans plus tard, en 2005. Il vivait à La Pêche sans faire de bruit.

Le fugitif soutenait qu'il avait été torturé lors de son premier séjour au Mexique, et que la situation serait pire à son retour, à cause du décès d'un gardien de prison survenu lors de sa fuite.

Affirmant ne jamais avoir ouvert le feu sur la victime, l'homme aujourd'hui âgé de 72 ans purge une peine de 40 à 60 ans à la prison de Zacatecas pour l'homicide involontaire du geôlier.

Transfert

Le gouvernement mexicain a récemment accepté le transfert du détenu, a confirmé au Droit Me Christian Deslauriers, qui représente Régent Boily. «On pense que le (nouveau) gouvernement canadien est plus ouvert sur le droit international.»

L'ambassade du Canada au Mexique a été avisée, ces dernières semaines, que les autorités mexicaines ont approuvé le transfert de M. Boily au Canada.

Selon nos sources, Services correctionnels Canada étudie son dossier, alors que le ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile, qui doit recevoir le dossier sous peu, est responsable de la décision finale.

Me Deslauriers a écrit au ministre Ralph Goodale et au premier ministre Justin Trudeau, le 7 avril, pour les convaincre du bien-fondé de la cause de M. Boily.

«Cela a porté fruit, s'est réjoui Me Deslauriers. Cinq ou six semaines plus tard. Cela a marché.»

Le ministère des Affaires mondiales n'a pas répondu aux demandes d'informations du Droit depuis la semaine dernière.

La torture après l'extradition

Le «fugitif de La Pêche», Régent Boily, soutient avoir été torturé à la prison de Zacatecas, au Mexique.

Extradé du Canada vers le Mexique, 17 août 2007, il aurait aussitôt subi la vengeance des gardiens de prison qui ont perdu leur collègue, abattu lors de l'évasion meurtrière de M. Boily.

«Il a été torturé pendant quatre nuits», raconte son avocat, Christian Deslauriers. Le détenu aurait été victime de coups à la tête, de bousculades, d'interrogatoires musclés, de menaces de mort, de noyade simulée et d'injection de sauce piquante dans les narines.

Le clan Boily a intenté une poursuite de 6 millions $ contre Ottawa, en 2010, pour avoir permis l'extradition du détenu au Mexique, malgré les risques de subir la torture.

La requête initiale déplorait alors «l'obstination du ministre» de la Justice du moment, Vic Toews, pour avoir fait confiance aux autorités mexicaines. Selon la poursuite, il y avait «une preuve accablante et non contredite de l'incapacité du Mexique d'avoir un quelconque contrôle sur ses forces de l'ordre».

En janvier 2012, le Comité contre la torture, un organisme de l'Organisation des Nations unies, a accusé le Canada d'avoir violé la Convention des Nations unies contre la torture en extradant Réjean Boily.

Ce dernier soutient avoir été impliqué malgré lui dans l'assassinat du gardien de prison, en 1999. L'évasion devait avoir lieu lors d'une visite chez un optométriste. Les choses ont dérapé en cours de route, et un des responsables de l'évasion aurait ouvert le feu sur l'agent de la paix. M. Boily aurait appris le décès du gardien de prison à la télé, après s'être réfugié dans un hôtel.

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