Le présumé djihadiste de Gatineau reste derrière les barreaux

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Le juge Gaston-Paul Langevin, de la Cour du Québec à Gatineau, a refusé la remise en liberté provisoire d'Ismael Habib.

Etienne Ranger, LeDroit

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Le Gatinois et présumé sympathisant de l'État islamique (ÉI) Ismael Habib s'est vu refuser sa remise en liberté provisoire, vendredi matin.

Le juge Gaston-Paul Langevin, de la Cour du Québec à Gatineau, n'a pas acheté l'histoire du prévenu, accusé en Outaouais de harcèlement, de menaces de mort, d'emploi d'un document contrefait et de pièces d'identité d'un tiers. Il aurait eu en sa possession un faux passeport, et prévu de quitter le Canada en bateau vers la Turquie, puis la Syrie, pour combattre avec l'ÉI.

Son radicalisme est la toile de fond du dossier de violence conjugale ouvert à Gatineau. « Pendant quelques mois, écrit le juge, le prévenu impose à sa nouvelle conjointe ses croyances extrémistes. Il veut la convaincre de la justesse de son fanatisme religieux. Il l'incite à participer au djihad et à se rendre en Syrie pour combattre auprès de l'État islamique les ennemis de l'Islam. »

Le juge Langevin a soulevé ses nombreuses inquiétudes à propos de l'individu de 28 ans. Ce dernier devenait de plus en plus insistant auprès de sa conjointe sur la nécessité de porter le voile intégral, et de vivre selon la charia. Il aurait menacé la femme de la faire exploser dans sa voiture.

« Alors que le monde entier était sous le choc des attentats terroristes du Bataclan (à Paris), que des centaines de personnes fuient la guerre en Syrie, le prévenu s'évertuait à vanter l'islamisme radical », a lancé le magistrat, dans une décision claire et sans zone grise.

Mohamed Habib doit maintenant subir son enquête sur remise en liberté à Montréal, dans le dossier fédéral visant l'article 810.011, qui prévoit que le ministère public peut faire détenir une personne s'il y a crainte que celle-ci commette un acte terroriste.

Dossier complexe

L'avocat de la défense, Jacques Belley, s'est dit « pas trop surpris de la décision » dans le dossier de violence conjugale.

Le dossier, complexe, est un mélange de sécurité individuelle pour la victime, et de sécurité nationale. « On avait une bonne côte à remonter, dit Me Belley. Mais il faut préciser que notre dossier, ici, n'a pas de rapport direct avec celui de Montréal (où M. Habib doit répondre à des allégations liées au terrorisme). »

La victime, une mère monoparentale, s'est confiée à la police de Gatineau sur les visées de celui qui est aujourd'hui son ex-conjoint.

Le juge a souligné le « manque flagrant de transparence du prévenu ». Le prévenu a, selon le magistrat, filtré les informations à son sujet lors de son contre-interrogatoire.

« (M. Habib) affirme que l'an dernier il habitait à Montréal avec deux colocataires. Par contre, il ne peut dire l'adresse exacte ni le nom de ses ceux-ci. Questionné davantage, il ne dit que leurs prénoms. (...) Il refuse d'identifier le nom de la mosquée qu'il fréquentait à Montréal, ni donner d'adresse précise. »

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