L'ex-ministre Nathalie Normandeau arrêtée par l'UPAC

L'ex-ministre libérale Nathalie Normandeau, lors de sa démission... (Photo Mathieu Belanger, archives Reuters)

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L'ex-ministre libérale Nathalie Normandeau, lors de sa démission en septembre 2011.

Photo Mathieu Belanger, archives Reuters

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La Presse Canadienne

QUÉBEC - L'ancienne vice-première ministre du Québec, Nathalie Normandeau, et l'ancien ministre libéral Marc-Yvan Côté devront répondre à des accusations de corruption, fraude envers le gouvernement et abus de confiance.

Les deux ex-politiciens figurent parmi les personnes qui ont été arrêtées tôt jeudi matin dans le cadre d'un vaste coup de filet réalisé par des agents de l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Les autres personnes arrêtées jeudi sont l'ex-chef de cabinet de Nathalie Normandeau, Bruno Lortie, l'ancienne vice-présidente de Roche, France Michaud, l'ex-président et chef de la direction chez Roche, Mario Martel, l'ex-maire de Gaspé, François Roussy, et l'ex-attaché politique au bureau de comté de Charlevoix de l'ex-première ministre Pauline Marois, Ernest Murray.

Ils ont été emmenés pour interrogatoire dans des postes situés dans les régions de Québec, Montréal et Charlevoix.

En juin 2014, Nathalie Normandeau avait comparu devant la Commission sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction présidée par la juge France Charbonneau.

L'ancienne ministre avait alors jeté le blâme pour les situations litigieuses relevées devant la commission sur les firmes de génie et sur son ex-directeur de cabinet.

«Si ça s'est fait, tout s'est fait à l'insu du ministère et de la ministre que j'étais», avait-elle assuré, jurant avoir toujours su mettre un mur entre elle et ceux qui venaient aux activités de financement pour tenter d'obtenir des informations de son ministère.

«Et croyez-moi, je n'étais pas naïve au point de croire que certaines personnes qui étaient là ne pensaient pas, peut-être, obtenir certaines choses en retour de leur implication au sein du Parti libéral du Québec. Mais ces gens-là se sont trompés, parce qu'il n'y a jamais eu de retour d'ascenseur», avait-elle plaidé.

Après son départ de la vie politique, Mme Normandeau avait décroché un contrat d'animatrice à la station FM93, de Québec.

Sa photo et son nom ont été retirés du site Internet de la station radiophonique, et le nom de l'émission qu'elle coanime avec Éric Duhaime a été modifié - «Normandeau-Duhaime» est ainsi devenu «Duhaime» sur le site Web.

Selon le mandat d'arrestation qui a mené à la frappe de jeudi matin, les gestes qui sont reprochés à Mme Normandeau et à ses coaccusés se sont déroulés entre janvier 2005 et décembre 2012.

Le premier ministre Philippe Couillard a affirmé que l'arrestation de membres influents du Parti libéral du Québec et de l'ancienne vice-première ministre n'avaient rien à voir avec la situation actuelle.

Il a reconnu l'impact de l'arrestation de Mme Normandeau, mais a limité sa réaction à celle requise par ses fonctions.

«C'est certain qu'on voit l'aspect personnel mais étant donné mon rôle et mes fonctions, ma remarque doit se limiter à saluer l'indépendance du processus, la qualité également des actions menées par ces organismes là et souhaiter que justice soit faite avec tous les principes que ça comprend dans notre société», a-t-il dit en mêlée de presse en ce jour de budget à Québec.

Pour sa part, l'ancien premier ministre Jean Charest, qui est présentement à l'extérieur du pays, ne fera «aucun commentaire», a indiqué l'un de ses collaborateurs au bureau d'avocats McCarthy Tétrault, Grégory Larroque.

La carrière politique de Mme Normandeau a débuté en 1995 lorsqu'elle a été élue à la mairie de la municipalité de Maria, en Gaspésie. Elle a été élue députée du Parti libéral du Québec dans Bonaventure en 1998 et a été réélue en 2003, en 2007 et en 2008.Pendant sa carrière, elle a notamment été ministre des Affaires municipales, ministre des Ressources naturelles et ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes.

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