Présumé djihadiste: la défense confronte le SPVG

En contre-interrogatoire, mardi, Me Belley a confronté l'enquêteur.... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

Agrandir

En contre-interrogatoire, mardi, Me Belley a confronté l'enquêteur. Le SPVG n'aurait «pas pensé opportun» de saisir une tablette électronique et un téléphone cellulaire appartenant au suspect.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Un enquêteur du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), affecté au dossier de violence conjugale d'un présumé djihadiste, aurait omis de saisir du matériel important qui le relierait avec l'État islamique (ÉI).

C'est du moins la prétention de l'avocat de la défense, Me Jacques Belley, qui tente d'obtenir la libération provisoire de son client, le Gatinois d'origine montréalaise, Ismael Habib.

Ce dernier est accusé de harcèlement, de menaces de mort, ainsi que de production et d'utilisation de fausses pièces d'identité, dont un faux passeport et un faux permis de conduire.

Ces accusations s'inscrivent dans une histoire alléguée de violence conjugale envers une femme de Gatineau.

Selon la plainte initiale de la victime présumée, l'ex-conjoint aurait entretenu le désir de quitter le Canada pour rejoindre une autre femme - son épouse - en Turquie, puis en Syrie, pour combattre avec l'ÉI.

En contre-interrogatoire, mardi, Me Belley a confronté l'enquêteur. Le SPVG n'aurait «pas pensé opportun» de saisir une tablette électronique et un téléphone cellulaire appartenant au suspect. Un de ces appareils aurait, selon la femme, servi à visionner des vidéos de propagande de l'ÉI. L'homme aurait montré ces vidéos à la présumée victime, ce qui serait à l'origine de la plainte de harcèlement.

Questionné par la défense, l'enquêteur a admis du bout des lèvres qu'il y avait peu de preuves sur la question de harcèlement.

«Je reste avec l'opinion (que selon le policier) ce n'était pas du harcèlement, a résumé le juge Gaston-Paul Langevin, au moment où il tranchait une question de droit en litige. Il a pris les menaces sans tenir compte de l'aspect particulier du dossier.»

L'enquêteur du SPVG a expliqué que son travail portait particulièrement sur la violence conjugale, et que le témoignage de la présumée victime lui semblait assez crédible pour déposer un dossier au Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Les identités des témoins, dont l'enquêteur, sont protégées par une ordonnance de non-publication.

Le dossier portant particulièrement sur l'affaire de terrorisme est sous l'aile de la Gendarmerie royale du Canada.

Le juge Gaston-Paul Langevin rendra sa décision sur la remise en liberté le 18 mars.

Comparution sous haute sécurité

Les mesures de sécurité ont été renforcées, mardi matin, au palais de justice de Gatineau, alors qu'un présumé djihadiste était de retour en cour pour son enquête sur remise en liberté.

Ismael Habib est accusé de chefs relié à une affaire présumée de violence conjugale. C'est dans le cadre de cette enquête pour menaces et harcèlement que d'autres informations troublantes ont transpiré.

Les constables spéciaux du palais de justice ont mené des fouilles sur quiconque voulait entrer dans la salle où a comparu l'individu, mardi.

La police de Gatineau mène l'enquête sur l'affaire impliquant une femme ayant porté plainte contre M. Habib, 28 ans. Dans cette plainte, on apprend que l'homme entretenait une relation avec une autre conjointe, vivant en Turquie. Cette dernière pourrait s'être rendue par la suite en Syrie.

M. Habib aurait tenté de quitter le Canada pour combattre aux côtés de l'État islamique, selon la présumée victime.

Le présumé djihadiste est sous le coup d'une ordonnance de la cour en vertu de l'article 810.011, qui prévoit que quiconque a des raisons de craindre un acte terroriste peut être détenu plus facilement, sans accusation. Cette mesure exceptionnelle est inscrite Code criminel dans le cadre de la Loi antiterroriste. Il doit comparaître à Montréal dans les prochains jours dans ce dossier.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer