Le présumé violeur a fui vers le Liban

«Je parle puisqu'il y a beaucoup de femmes... (Etienne Ranger, LeDroit)

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«Je parle puisqu'il y a beaucoup de femmes qui ne sortent pas du placard», soutient Mélodie Morin.

Etienne Ranger, LeDroit

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Mélodie Morin croyait avoir un ami sur le campus de l'Université d'Ottawa (Ud'O). Un jour, elle a refusé ses avances et lui a dit «non». Le jeune homme est devenu son agresseur, avant de quitter le Canada vers le Liban. Celle qui espérait recevoir l'aide des autorités a plutôt été forcée de mettre de la pression sur elles pour qu'on la croit et que des accusations d'agression sexuelle soient déposées.

L'ex-étudiante de l'Ud'O a reçu un cadeau doux-amer, le 24 décembre. La police d'Ottawa lui a confirmé qu'une accusation d'agression sexuelle avait été portée contre le jeune homme. Les faits allégués se sont produits trois mois auparavant, le 25 septembre dernier, une éternité selon la jeune femme.

«Je me dis que je n'ai pas été bien servie au départ par la police, dit-elle. J'ai appelé après que ça se soit passé, je suis allée à l'hôpital pour passer un examen médico-légal, puis l'enquêteuse est revenue à moi, après avoir parlé au gars, en disant que c'était un malentendu, que le gars disait qu'il s'agissait d'un malentendu. Elle a fermé mon dossier.»

Mme Morin soutenait malgré tout avoir refusé la relation sexuelle avec le jeune homme.

Pas été prise au sérieux

L'affaire a été médiatisée cet automne, lorsqu'il n'y avait pas encore d'accusation dans le dossier. Mme Morin disait ne pas être prise au sérieux.

«Ensuite, j'ai su que le superviseur de l'enquêteuse n'avait pas vu le dossier avant sa fermeture», raconte-t-elle.

Lorsque l'enquête en la matière doit être fermée, un supérieur doit réviser le dossier pour s'assurer que rien n'est passé à travers le filet. «Finalement, le superviseur a décelé des indices et a confié l'enquête à quelqu'un d'autre.»

L'accusation d'agression sexuelle a été déposée. «Ça va bien avec le nouvel enquêteur. Super gentil et tout. Mais c'est un peu tard parce que l'agresseur est parti et il ne sera pas arrêté tant qu'il ne reviendra pas. S'il revient...»

Parler pour sensibiliser

Mélodie a rencontré l'étudiant international originaire du Liban par amis interposés. Les deux avaient pris l'habitude de marcher ensemble sur le campus universitaire. «Une sorte d'amitié» s'est développée entre les deux.

La femme dit avoir été violée au petit matin du 25 septembre, dans la chambre de ce dernier. Elle affirme qu'il l'a étouffée et lui a craché dessus. La veille, une fête avait eu lieu chez le suspect.

L'expression «culture du viol», qui a marqué l'Université d'Ottawa en 2014, a aujourd'hui une connotation bien particulière chez Mme Morin. 

La jeune femme entame une campagne de sensibilisation pour parler de son expérience. «Je parle puisqu'il y a beaucoup de femmes qui ne sortent pas du placard. Je parle pour elles, pour qu'elles sachent qu'elles ont le droit de se faire traiter de façon sérieuse.»

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