Du pot au palais de justice de Gatineau

Raymond Turmel, John Turmel et Maxime Gauthier ont... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Raymond Turmel, John Turmel et Maxime Gauthier ont manifesté pour la légalisation de la marijuana devant le palais de justice de Gatineau, mercredi.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Des odeurs «psychédéliques» ont envahi le palais de justice de Gatineau mercredi.

Devant l'édifice Jos-Montferrand, une dizaine de personnes ont manifesté pour la légalisation du cannabis. Dans le lot, un militant bien connu, Raymond Turmel, espère que sa fille sera acquittée de possession et de production de marijuana en s'appuyant sur de récentes décisions de la cour.

Raymond Turmel s'est fait connaître au début des années 2000 en devenant l'un des premiers à obtenir un permis de consommation de cannabis à des fins thérapeutiques.

Sa fille Marie-Ève a été arrêtée cet été avec trois grammes de marijuana et trois boutures de la plante. Cette dernière n'a pas de permis pour posséder du cannabis, contrairement à son père.

Pancarte à la main, le personnage coloré avait au bout de son collier un impressionnant sac rempli de cocottes de cannabis.

«J'aime ça, faire emboucaner la bâtisse pour que tout le monde sache que je suis ici avec mon collier!»

Raymond Turmel
militant

Avant la comparution de sa fille, le militant profitait de l'ouverture des portes par les passants pour souffler sa fumée à l'intérieur du palais de justice.

«Je suis planté là et j'attends que la porte ouvre, dit Raymond Turmel. Ça fait qu'il y a un vacuum, pis les autres sentent ça dans la bâtisse. J'aime ça, faire emboucaner la bâtisse pour que tout le monde sache que je suis ici avec mon collier!»

M. Turmel se dit inspiré par les récentes déclarations du juge de la Cour du Québec, Pierre Chevalier, qui a qualifié les lois sur le cannabis de «désuètes et ridicules». Cette déclaration, faite au palais de justice de Gatineau dans un dossier de production de trente plants, a d'ailleurs causé une commotion dans le milieu judiciaire. L'accusé d'alors a reçu une amende de 1$.

«La loi est morte selon (le juge Chevalier), dit Raymond Turmel. Même si la Couronne va aller en appel, on va être là pour le défendre.»

Mercredi, la juge Anouk Desaulniers a entendu une partie des arguments de la fille de M. Turmel. La magistrate lui a proposé de remettre à une date ultérieure, étant donné la complexité de sa demande. Le clan Turmel veut faire déclarer inconstitutionnelles certaines dispositions de la loi sur le cannabis. Le père est entré dans le palais de justice avec son sac rempli de cocottes vertes. L'odeur était facilement perceptible dans la salle de cour.

Le clou de la journée

La juge Desaulniers a finalement annoncé qu'elle se récusait. «Pour être transparente, je vous indique - et votre père s'en rappellera - que j'étais la procureure de la Couronne au dossier lorsqu'il a été accusé. Je vais me récuser.»

Mme Turmel a dit comprendre, et a aussitôt demandé à faire ses représentations devant le juge Pierre Chevalier.

Ses propos ont provoqué un éclat de rire généralisé chez les procureurs de la Couronne et les avocats de la défense présents.

À l'extérieur de la salle de cour, M. Turmel a admis, sourire en coin, qu'il avait remporté ses élections avec la victoire de Justin Trudeau. Le nouveau premier ministre s'est engagé en campagne électorale à légaliser la plante controversée.

Raymond Turmel prédit que le gouvernement Trudeau va changer la loi «d'ici le début de l'été prochain». Il estime que les chances que sa fille soit blanchie des accusations sont «très bonnes».

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