Cinq facteurs à l'origine du drame de Fallowfield

Le 18 septembre à 8h48, un train de... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Le 18 septembre à 8h48, un train de VIA Rail a percuté un autobus à deux étages d'OC Transpo. Le BST vient d'identifier cinq facteurs en cause.

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La distraction du conducteur de l'autobus à deux étages impliqué dans le drame survenu le 18 septembre 2013 près de la station Fallowfield, à Ottawa, n'est que l'un des cinq facteurs principaux ayant contribué à la collision avec un train de VIA Rail, confirme le Bureau de la sécurité des transports (BST).

L'organisme a déposé un rapport exhaustif sur les causes de cet accident, mercredi.

«Pratiques de l'entreprise, distractions au volant liées au travail du conducteur, vitesse, configuration du Transitway, et résistance à l'impact de l'autobus», résume le BST.

Du coup, l'enquête précise que «dans les mêmes circonstances, à peu près n'importe quel conducteur aurait pu avoir cet accident».

Alors que le conducteur Dave Woodward négociait un virage à gauche, sa vue du passage à niveau était obstruée, et il n'a eu qu'un bref instant pour voir que la signalisation du passage était en marche. Il aurait aussi regardé l'écran vidéo de bord permettant de voir ce qui se passait à l'étage supérieur.

L'autobus à deux étages d'OC Transpo a été littéralement soufflé par un train de VIA Rail. Six personnes, dont le chauffeur, sont mortes et des dizaines d'autres ont été blessées.

«Le conducteur a également été distrait par les conversations des passagers près de lui au sujet de la disponibilité des sièges à l'étage», indique le rapport. Le conducteur n'utilisait pas de cellulaire avant l'impact.

Le conducteur a dû, à ce moment, annoncer qu'il était interdit de rester debout à l'étage supérieur.

Le conducteur n'a pas eu le temps de freiner avant le passage à niveau lorsque des passagers ont crié: «Arrêtez!» Selon les expertises, le chauffeur n'a pas appuyé à fond sur les freins.

Selon Hélène Gosselin, membre du BST, «la période véritablement critique est très étroite». «Le conducteur n'avait en fait que quelques secondes (6,7, selon l'enquête) pour réagir.»

Le BST a précisé que la conduite des employés de VIA Rail n'était pas en cause.

Recommandations

Les cinq principales recommandations portent sur l'installation et l'utilisation des écrans vidéo de bord, les normes de résistance à l'impact, les enregistreurs de données pour autobus commerciaux et l'aménagement de sauts-de-mouton aux passages à niveau achalandés.

Ces mesures devraient être adoptées à Ottawa, mais aussi partout au pays, selon le BST.

Nouvelles images du train accidenté... (Courtoisie, BST) - image 4.0

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Nouvelles images du train accidenté

Courtoisie, BST

Les écrans de bord installés dans les autobus... (Courtoisie) - image 4.1

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Les écrans de bord installés dans les autobus d'OC Transpo

Courtoisie

«Il est temps que ça change», dit Mme Gosselin sur l'utilisation d'un écran vidéo de bord dans ce type d'autobus.

L'état mécanique de l'autobus était bon. Le seul problème concerne les normes de résistance des autobus commerciaux pour ce type de transport.

«Même si cet autobus est conforme aux normes fédérales, a dit la présidente du BST, Kathy Fox, les normes automobiles et des autobus scolaires ne s'appliquent pas à cet autobus.» Il semble que les normes pour ces deux types de véhicules sont plus sévères que celles qui régissent les autobus commerciaux.

Le BST recommande que la Ville d'Ottawa aménage un pont à étagement à ce passage à niveau afin de séparer la voie d'autobus et les rails.

Cette nouvelle infrastructure pourrait coûter des millions de dollars à la municipalité.

«Le secteur est plus achalandé aujourd'hui qu'il y a 10 ans», a expliqué Mme Gosselin.

Les passagers Michael Bleakney, 57 ans, Connor Boyd, 21 ans, Karen Krzyzewski, 53 ans, Kyle Nash, 21 ans, Rob More, 35 ans, et le conducteur Dave Woodard, 45 ans, ont péri dans cet accident. Plusieurs poursuites au civil ont été déposées au palais de justice d'Ottawa depuis deux ans.

Funeste concours de circonstances

Un terrible concours de circonstances a mené à la mort de six personnes, le matin du 18 septembre 2013, près de la station Fallowfield d'OC Transpo, à Ottawa. Mercredi, le Bureau de la sécurité des transports (BST) a établi la chronologie des événements et la liste de certains faits ayant contribué à l'impact entre un autobus et un train de VIA Rail.

***

8h47: Les feux clignotants, sonneries et barrières se déclenchent aux passages à niveau de l'avenue Woodroffe et du Transitway. L'autobus quitte la station Fallowfield avec presque quatre minutes de retard, et 95 passagers à bord. Un passager est debout près du haut de l'escalier de l'autobus à deux étages, et visible sur l'écran de bord du conducteur. Le conducteur négocie une courbe et des passagers discutent de la disponibilité des sièges. Le conducteur jette un oeil sur son écran de bord. Le train de voyageurs nº 51 de VIA, à destination de Toronto approche le passage à niveau. La sonnerie du passage à niveau, activée depuis 30 secondes, n'est pas audible à l'intérieur de l'autobus qui s'approche.

8h48: L'autobus s'approche à 67,6 km/h, alors que la limite est de 60. Des passagers voient le train et crient: «Arrêtez!» et «Attention!». Le chauffeur dirige son regard sur la route et applique les freins. L'autobus entre en collision avec le train à une vitesse de 7,7 km/h. Le train déraille et l'avant de l'autobus est déchiqueté.

***

«La formation donnée aux conducteurs d'autobus insistait sur le freinage en douceur afin de réduire au minimum l'inconfort des passagers. En conséquence, le conducteur n'a pas serré les freins à fond dès le début, ce qui a augmenté la distance d'arrêt. [...] Comme les conducteurs se servaient souvent de la section du Transitway immédiatement après avoir franchi le passage à niveau pour rattraper du temps et comme le conducteur ne s'attendait pas à rencontrer un train, le conducteur de l'autobus a accéléré au-delà de la vitesse limite affichée. [...] Les arbres, les arbustes, le feuillage et la signalisation routière sous l'emprise du Transitway, de même que les montants de coin avant et de fenêtre de l'autobus, ont obstrué la vue du conducteur des dispositifs de signalisation automatique (du passage à niveau) en marche jusqu'à ce que l'autobus se trouve à 122,5 mètres du passage à niveau.»

- Rapport du BST

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