Roméo Phillion est mort

Roméo Philion s'est éteint avant d'obtenir justice.... (Archives, La Presse Canadienne)

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Roméo Philion s'est éteint avant d'obtenir justice.

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Roméo Phillion n'a vécu que cinq ans en homme libre, après avoir passé plus de 30 ans en prison pour un meurtre qu'il a toujours dit ne pas avoir commis.

Décédé lundi, il n'a jamais pu réaliser son rêve de partir en croisière. Sa soeur aînée, qui s'est battue pour sa liberté, espère un jour réaliser ce projet et obtenir «toute la justice».

Le décès de M. Phillion, qui est devenu militant pour les personnes accusées à tort, a été confirmé sur le site Internet de l'Association in Defence of the Wrongly Convicted (AIDWYC) mardi.

M. Phillion a été reconnu coupable du meurtre d'un pompier d'Ottawa, Léopold Roy, en 1972. Il avait fait des aveux avant de se rétracter. Un nouveau procès a été ordonné en 2009 par la Cour d'appel de l'Ontario, mais le ministère public a laissé tomber l'accusation, jugeant que trop de temps s'était écoulé depuis les faits.

À 76 ans, M. Phillion éprouvait des problèmes de santé importants. Il est mort dans la même chambre de l'hôpital de Mississauga où son beau-frère a rendu l'âme il y a quelques années. La veuve de ce beau-frère, Simonne Snowdon, est la soeur aînée de M. Phillion. «Il est mort en homme libre, mais il a passé plus de 30 ans en dedans», dit-elle en entrevue téléphonique.

Poursuite contre le ministère public

La famille de M. Phillion dit vouloir poursuivre le combat de Roméo devant les tribunaux.

Roméo Phillion ne saura jamais s'il remportera sa cause devant la Cour supérieure de l'Ontario. Après sa sortie de prison, il a déposé une poursuite de 14 millions $ afin d'obtenir réparation. M. Phillion a toujours soutenu que les procureurs et deux policiers d'Ottawa avaient été négligents lors de l'enquête et le procès, dans les années 1970.

«Il voulait, avec cet argent, partir en croisière dans des îles. Il ne savait pas lesquelles, mais il voulait voir la mer et des îles. J'aimerais le faire avec une image de lui avec moi. Que son esprit soit avec nous, sur le bateau.»

Roméo Phillion était le dernier des cinq hommes de cette famille encore vivant. Les quatre soeurs du défunt lui survivent.

Au moment du meurtre, le 9 août 1967, M. Phillion se trouvait apparemment à Trenton, à environ 300 km de la capitale. Il a toujours soutenu que sa voiture était tombée en panne et qu'il avait dû la faire remorquer jusqu'à une station-service dans la petite communauté aux abords de la baie de Quinte.

«Roméo ne sera jamais oublié [...], pour son esprit combatif, son sens de l'humour, son appui aux autres qui ont été accusés à tort, et pour son charme, écrit l'AIDWYC. Il assistait aux activités (de l'association) malgré le fait qu'il devait transporter, sur son scooter, son oxygène. Roméo a fait ce qu'il a pu pour attirer l'attention sur la dévastation qui peut affliger une fausse accusation sur les gens innocents et leurs familles. Nous lui sommes extrêmement reconnaissants pour son engagement à faire une différence, malgré ses défis et pertes personnelles.»

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