«Je trouvais très dur de tuer quelqu'un»

La sergente-détective Marie-Claude Fortin a tiré une balle... (Martin Roy, archives LeDroit)

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La sergente-détective Marie-Claude Fortin a tiré une balle dans le pneu d'un véhicule qui filait droit sur elle, le 22 mars 2013.

Martin Roy, archives LeDroit

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Au lieu de tuer un conducteur en fuite, la sergente-détective Marie-Claude Fortin a tiré une balle dans le pneu du véhicule qui filait droit sur elle, le 22 mars 2013. Mercredi, la policière a livré un témoignage émotif, dans son procès pour usage négligent d'arme à feu, à Gatineau.

Alors qu'elle venait d'être affectée à des dossiers d'introductions par effraction, la policière de la MRC des Collines était sur les traces d'un suspect, pris en filature près de l'école primaire St-Paul, rue Isabelle, dans le secteur Hull.

Le suspect, se sachant dans l'eau chaude, a pesé sur l'accélérateur. Dans sa trajectoire, la sergente-détective n'a eu que quelques secondes pour réagir.

«J'aurais pu tirer à travers le pare-brise, mais je n'étais pas capable. Je voulais arriver à une autre solution», a-t-elle raconté au juge Marco Labrie.

La témoin, en arrêt de travail depuis ce jour-là, a laissé échapper quelques sanglots avant de poursuivre son récit des événements.

«Je trouvais très dur de tuer quelqu'un. Il y a eu un contact visuel, un point de non-retour, et je le laissais avancer trop vers moi. J'ai vu qu'il s'est couché sur le côté droit... Je ne le voyais plus. Le véhicule avançait... Ça se passe tellement vite.»

Se sentant «prise au piège» et, gardant son arme basse, elle a tiré une balle dans un pneu pour tenter de l'arrêter. Dès qu'elle a vu «du noir», soit un pneu, elle a ouvert le feu. Elle craignait alors que le chauffard heurte un piéton ou un innocent dans sa course folle.

Sous le choc, la policière a ensuite perdu un certain contact avec la réalité, mais tentait de «demeurer opérationnelle» dans cette situation explosive.

Le suspect a réussi à prendre la fuite. Sa voiture a été retrouvée dans le stationnement sous-terrain du supermarché Maxi, sur le boulevard St-Joseph.

La témoin a raconté qu'elle n'était pas en mesure de voir ses collègues avant que la voiture file vers elle. Selon elle, ils étaient possiblement cachés par des bancs de neige.

«Le temps que j'emmagasine l'information, il était déjà en action, a expliqué la policière Fortin. Je suis en retard, la vitesse augmente, il ne ralentit pas. Il est devant moi. C'était impensable de penser de me retourner ou de tourner le dos... Ça s'est tellement passé vite.»

Dans les secondes précédant l'action, la sergente-détective discutait au cellulaire avec un répartiteur des services d'urgence. Elle tentait de donner des directives afin d'obtenir du renfort de la police de Gatineau, mais confondait le boulevard Riel et la rue Isabelle, ce qui a compliqué davantage les cho

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