Ashley Madison, pas comparable à Wikileaks

Ds fonctionnaires canadiens faisaient partie de la liste... (Photo AP, Lee Jin-man)

Agrandir

Ds fonctionnaires canadiens faisaient partie de la liste des membres du site Ashley Madison.

Photo AP, Lee Jin-man

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les affaires Wikileaks et Ashley Madison ne doivent pas être comparées au même titre, avertit une professeure de l'Université d'Ottawa spécialisée dans le droit lié à Internet et à la vie privée.

Selon Teresa Scassa, la fuite de renseignements très personnels du site de rencontres adultères Ashley Madison, en juillet dernier, est «troublante, mais pas surprenante».

La capture et la diffusion d'informations devant être gardées secrètes restent la seule comparaison possible entre les deux affaires.

Dans le cas de Wikileaks, rappelle la professeure Scassa, il s'agit d'un «sonneur d'alarme» ayant agi pour «avertir le public que les gouvernements faisaient des choses pas correctes».

Dans celui de Ashley Madison, la spécialiste affirme qu'il en va de la vie privée de particuliers. «Oui, les gens qui ont divulgué les informations y ont eu accès sans la permission de l'entreprise privée qui dirige le site. Mais ce n'est pas exactement la même chose qu'une action contre un gouvernement.»

Mercredi dernier, on apprenait que des fonctionnaires canadiens faisaient partie de la liste des membres du site Ashley Madison. Il a même été établi qu'Ottawa était en quelque sorte une «capitale de l'infidélité», puisque les pirates informatiques ont allégué que 50 adresses courriel du Parlement étaient reliées à un profil du site, et que 200000 membres seraient des résidents de la capitale fédérale.

La même liste contient des adresses courriel des Forces armées canadiennes, des ministères et agences fédérales comme le ministère de la Justice, Travaux publics, Revenu Canada et la Gendarmerie royale du Canada.

Négligence

Un résident d'Ottawa, Eliot Shore, a présenté une demande de recours collectif de 578 millions de dollars contre le site de rencontres, la semaine dernière. L'homme veut obtenir réparation pour tous les Canadiens touchés par ce qu'il considère un vol de données.

«C'est un peu tôt pour savoir s'il va gagner, explique Mme Scassa. Le demandeur va peut-être insister sur la négligence dans la sécurité et la protection des données.»

La professeure observe de plus en plus de recours collectifs ayant pour cause la négligence dans la protection de la vie privée. «La réalité est que nos renseignements personnels sont assez vulnérables.»

Le gouvernement fédéral a adopté des amendements à la loi, cette année, mais ceux-ci ne sont toujours pas appliqués concrètement. «Les entreprises auront l'obligation d'avertir rapidement le particulier et le commissaire à la vie privée s'il y a fuite importante de renseignements. Même s'il s'agit de deux ou trois personnes.»

Conséquences désastreuses

Deux personnes se seraient suicidées et des cas d'extorsion ont été recensés par la police de Toronto dans la foulée des événements. La police torontoise mène l'enquête parce que le siège social de l'entreprise se trouve dans la Ville-Reine.

Des médias américains ont rapporté qu'un capitaine de police du Texas se serait enlevé la vie après que son adresse courriel eut été associée au piratage.

Les pirates informatiques ont pris le nom d'Impact Team.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer