Mort, écrasé par la fatigue

La benne du camion de Rock Laurin était... (Courtoisie, CSST)

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La benne du camion de Rock Laurin était toujours levée lorsqu'il est passé sous le pont d'étagement du boulevard des Hautes-Plaines, le 1er février dernier. Elle a percuté la structure, renversant le camion du même coup

Courtoisie, CSST

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La Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) blâme les horaires de travail d'un camionneur pour le décès de celui-ci, en février, sur l'autoroute 5 Sud, à Gatineau.

Rock Laurin, un employé de Transport Dubé, a été éjecté de son camion à benne servant au transport de la neige, le 1er février dernier. Il avait travaillé presque sans interruption pendant trois jours.

La benne de son camion était toujours levée lorsqu'il est passé sous le pont d'étagement du boulevard des Hautes-Plaines. Elle a percuté la structure, renversant le camion du même coup.

Le conducteur, éjecté, a été écrasé sous le poids lourd. Son décès a été constaté sur la scène de l'accident.

Le camion a roulé pendant un kilomètre avec la benne déployée avant l'impact. L'employé transportait de la neige ramassée dans des stationnements de commerces et d'immeubles à bureaux jusqu'au boulevard de la Technologie, dans les Hautes-Plaines.

Selon la CSST, la fatigue est à l'origine de cette embardée. L'homme aurait constaté l'état de sa benne s'il était bien éveillé, selon la commission.

La victime parlait aussi au cellulaire à l'aide d'une oreillette au moment de l'impact. Ce facteur de distraction est aussi considérable.

«En somme, lit-on dans le rapport de la CSST, depuis le 30 janvier à 21h30, le conducteur a travaillé 25h10 dans une période de 30h55.»

La plus longue pause qu'il a prise, en trois jours, est d'une durée de 3h45, a résumé l'inspecteur Nancy Lemoine.

La CSST utilise le terme d'hypovigilance pour qualifier l'état de fatigue extrême de M. Laurin.

Il revient à l'employeur de s'assurer du respect des heures de conduite et de repos de ses camionneurs. Ce dernier, précise l'organisme, «doit être à l'aise» de demander ses pauses.

La période de la journée comprise entre 3het 6hdu matin est celle où la vigilance est au plus bas - pour tous, même pour les travailleurs de nuit habitués à ce rythme de vie.

«L'hypovigilance au volant, on la compare à la conduite en état d'ébriété», résume le porte-parole de la CSST, Alain Trudel.

Transport Dubé a reçu une contravention. Sans préciser le montant imposé, la CSST explique que les infractions peuvent valoir des notes allant de 16124 $ à 64495 $ pour une première offense, selon les facteurs aggravants ou atténuants. Elle peut atteindre plus de 160000 $ en cas de récidive.

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