Gare aux fausses accusations sur les réseaux sociaux

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Au lendemain de l'annonce de Facebook Canada de diffuser des alertes Amber sur les fils d'actualité de ses abonnés, tous s'entendaient pour dire que cette initiative doit permettre de sauver d'autres bébés des mains d'un kidnappeur, comme cela a été le cas il y a un an, à Trois-Rivières. Un bébé naissant avait alors été retrouvé grâce à la vigilance d'internautes et à la diffusion rapide d'informations sur Facebook.

La beauté de l'information sans balise ni délai - est sans frontière plaide les policiers dans cette cause noble. Le «mais» dans cette histoire relève d'une tendance déjà amorcée. Avec une photo ou en 140 caractères, le premier quidam peut aussi publier une photo d'une personne qu'elle croit à tort être pédophile ou voleur. C'est l'une des préoccupations d'une spécialiste en droit de l'information de l'Université d'Ottawa, Teresa Scassa.

«C'est certainement un danger sur la réputation, les fausses accusations, ou les accusations exagérées», précise Mme Scassa, qui observe l'évolution des relations entre les gouvernements et les citoyens par la nouvelle technologie. Les médias sociaux servent parfois de tribunal populaire, de crachoir à insultes sur les murs de personnes publiques ou de personnes plus anonymes. «Les réactions vont parfois au-delà de ce qui est approprié.»

Il y a bien quelques exemples où les réseaux sociaux ont «fait leur travail». Mme Scassa cite les cas de l'animateur vedette de CBC, Jian Ghomeshi et du phénomène «F... her right in the pus...». Selon la professeure titulaire de la faculté de droit de l'Université d'Ottawa, les internautes ont utilisé les médias sociaux d'une telle façon qu'un véritable «dialogue national» sur les agressions sexuelles et verbales a été entamé. «On a vu des réactions significatives importantes. Un dialogue national important. Cela a démontré l'intolérance sur ce type de conduite.»

Pour une bonne cause, Facebook Canada et les services policiers du pays ont lancé en grande pompe, lundi, un programme de diffusion des alertes Amber sur les fils d'actualité des abonnés du réseau social. Même le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a partagé la photo de la petite Victoria, cette petite trifluvienne qui était à l'honneur lors du lancement du programme d'alertes Amber sur son réseau.

Court-circuitant les canaux traditionnels par ces réseaux tentaculaires, les gouvernements et les services publics disent vouloir atteindre directement le citoyen, qui a les yeux rivés sur son portable à toute heure du jour.

«Le défi sur le média social est le contrôle de l'information, selon Mme Scassa. Les gens deviennent plus "éduqués" dans l'emploi de ces médias, mais je me demande jusqu'à quel point c'est enseigné dans les écoles. Ce qui me préoccupe, c'est combien de temps s'écoulera avant que les compagnies et les politiciens prennent le contrôle de tous les médias sociaux pour contourner l'opinion publique et faire de la manipulation?»

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