Une réputation enfin rétablie pour sa fille assassinée

La Gatinoise Nicole Dubé, mère de Lara Langlais,... (Patrick Woodbury, archives LeDroit)

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La Gatinoise Nicole Dubé, mère de Lara Langlais, assassinée il y a six ans en Afrique, a reçu le rapport d'enquête mardi.

Patrick Woodbury, archives LeDroit

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Le nom et la mémoire de Lara Langlais, assassinée en Côte d'Ivoire en 2009, sont enfin rétablis.

Sa mère, Nicole Dubé, une résidente de Gatineau, a reçu la nouvelle qu'elle attendait depuis des années de la part de l'ambassade ivoirienne au Canada, cette semaine.

Un nouveau rapport gouvernemental confirme que la jeune femme a bel et bien été victime d'un homicide, et qu'elle n'a pas, comme le prétendait une enquête présumément bâclée, succombé à une activité de sadomasochisme à Yamoussoukro, capitale politique et administrative de la Côte d'Ivoire.

Mardi, Mme Dubé a reçu du conseiller à l'ambassade, Adama Oulaï, le rapport d'enquête relancé par le nouveau gouvernement de ce pays ébranlé par la guerre civile et les conflits ethniques au début des années 2000.

Mme Dubé a par ailleurs remercié l'ambassade et son conseiller, sur sa page Facebook, mardi.

Lara Langlais, une coopérante internationale de 41 ans, a été assassinée en septembre 2009, dans sa résidence de Yamoussoukro. Elle a été retrouvée sans vie dans sa salle de bain. Un homme avait été rapidement arrêté, passant aux aveux, que la mère de la victime a toujours crus truqués.

Le suspect, Prégnon Steven Serge, avait parlé publiquement des prétendues moeurs légères et pratiques sexuelles de la victime ayant provoqué sa mort. Il s'était autoproclamé amant de sa victime, ce qui a toujours été vivement démenti par les proches de la Québécoise. La victime a été retrouvée ensanglantée et étranglée par les autorités ivoiriennes.

Cette version ne tenait pas la route, selon Mme Dubé, qui s'est battue pendant des années pour connaître la vérité.

Des alliés de Mme Dubé, qui connaissaient sa fille, croient davantage à un geste commandé par la mafia du cacao ivoirien, surnommée « Chocolat Chaud ».

Nouvelle enquête et évasion

Selon le nouveau rapport gouvernemental remis à la mère, Pregnon, « cuisiné puis éprouvé par la sagacité des enquêteurs », est revenu sur ses premières déclarations. « (Madame) Langlais est morte des suites des coups administrés par lui et la strangulation n'est intervenue que plus tard, juste pour s'exonérer de son crime. »

Le rapport d'enquête précise que ces circonstances « n'ont rien à voir avec de prétendues pratiques de rapports sexuels sadomasochistes ».

Pregnon aurait, selon les autorités locales, serré la gorge de la femme par strangulation, à l'aide d'un câble d'ordinateur, afin de « masquer les faits et de faire croire à un suicide ».

L'enquête s'est avérée difficile puisque plusieurs archives et dossiers de l'État ont été pillés dans la foulée des troubles politiques en Côte d'Ivoire.

Ce même Pregnon a cependant réussi à s'évader de la Maison d'arrêt et de correction de Toumodi (la prison) « à la faveur de la crise postélectorale » où il était en détention préventive.

Les recherches entreprises selon un mandat d'arrestation lancé le 14 septembre 2012 dans le but de retrouver le fugitif « sont demeurées, pour l'heure, infructueuses ».

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