Une mère accusée d'avoir tué son bébé

Miliange, la petite victime présumée de Martine Soucie... (Photo tirée de Facebook)

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Miliange, la petite victime présumée de Martine Soucie

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Une douzaine de fractures ont été infligées à la petite Miliange, morte de ses blessures à l'âge de six mois, en novembre dernier.

Des sources dignes de confiance ont avancé cette information au Droit, mercredi, alors que le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) confirmait l'arrestation de la mère, Martine Soucie, pour homicide involontaire. Les fractures ne seraient cependant pas directement à l'origine du décès. L'éventuel procès de la mère pourra permettre de préciser les circonstances de cette affaire qui ébranle déjà la région, et le quartier où vivait la jeune victime.

> La mère n'avait «aucun remord», selon une voisine

> Le père de Miliange espère que «justice soit faite»

La femme de 22 ans, bientôt 23, a été interpellée mardi après-midi, après une délicate enquête de cinq mois de la section des crimes majeurs du SPVG. Elle a comparu mercredi midi sous trois chefs d'accusation, soit homicide involontaire d'un enfant, commis le 16 novembre 2014; voies de fait graves mettant la vie d'autrui en danger; et voies de fait causant des lésions corporelles. Ces derniers événements auraient eu lieu entre le 18 mai 2014, date de naissance de la victime, et le 15 novembre 2014, veille du constat de décès de l'enfant.

La jeune mère a récemment eu affaire à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). Le SPVG a d'ailleurs, travaillé de concert avec l'organisme dans ce dossier. La jeune femme a comparu en pleurs, visage crispé. Sans antécédent judiciaire, elle a été remise en liberté en s'engageant à payer une caution de 500 $, à garder la paix, à ne pas communiquer avec certaines personnes d'âge mineur et à ne pas s'approcher de leur lieu d'étude.

Ce drame porte donc à quatre le nombre d'homicides sur le territoire de Gatineau en 2014.

Longue enquête

Le 16 novembre dernier, vers 7 h 50, le SPVG a été appelé au 94, chemin Eardley, dans le secteur Aylmer. À leur arrivée, les secouristes ont pratiqué des manoeuvres de réanimation sur la fillette. Malgré l'intervention des paramédics, le décès de la petite victime a été constaté à l'hôpital.

Selon sa voisine immédiate, Martine Soucie n'avait pas l'air... (Courtoisie) - image 2.0

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Selon sa voisine immédiate, Martine Soucie n'avait pas l'air bouleversée et ne semblait éprouver «aucun remord» à la suite du décès de sa petite Miliange.

Courtoisie

Le Bureau du coroner a d'abord été appelé à approfondir les circonstances du décès. Les soupçons soulevés dans les heures suivant ce décès ont poussé les policiers à enquêter davantage. Plusieurs expertises médicolégales ont été effectuées par le Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale du Québec et du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine et les conclusions ont de quoi déranger. Le bébé a souffert de plusieurs traumas à différentes étapes de sa courte vie. En conférence de presse, le directeur adjoint du SPVG, André Labelle, a précisé que certaines blessures infligées n'étaient toutefois pas reliées directement à la mort de Miliange.

L'avocat de Mme Soucie, Romain Goyard, a reçu «une divulgation assez importante» de la preuve de la Couronne, une preuve qui tient sur une dizaine de disques compacts. L'affaire a été remise pour la forme au 15 juin. «Il s'agit d'une femme remuée par les événements, d'une personne qui n'est pas habituée au système. Ce n'est pas facile», a brièvement commenté Me Goyard, sur l'état d'esprit de sa cliente.

D'ailleurs, celle-ci s'est faufilée à sa sortie du palais de justice, s'engouffrant dans une voiture et évitant les médias. Un groupe qui l'accompagnait se réjouissait d'avoir épargné à Mme Soucie son passage devant les caméras, au rez-de-chaussée du palais de justice.

L'accusée devra toutefois se présenter aux prochaines étapes du processus judiciaire, à moins que le tribunal soit saisi d'une demande de dispense permettant à son procureur de comparaître pour elle, pendant les étapes préliminaires des affaires judiciaires.

Une enquête «pas comme les autres»

Enquête «pas comme les autres», délicate et de longue haleine. Lorsqu'un bébé meurt tragiquement, et possiblement à cause d'une main criminelle, les services sociaux et les policiers tentent de faire leur travail malgré l'émotion et leur nature humaine.

Les intervenants sont aussi des parents. Il leur faut séparer les affaires personnelles et le travail.

La journée du 16 novembre 2014 a été particulièrement pénible alors que les services d'urgence ont dû se rendre dans le secteur Aylmer, là où un bébé de six mois, Miliange Soucie, était inanimé.

Les mois ont passé, et les enquêteurs des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) étaient de plus en plus convaincus que l'enfant avait été négligé et traité d'une façon si violente qu'elle avait perdu la vie, soufrant de nombreux traumatismes.

Mercredi après-midi, les autorités ont arrêté sa mère, Martine Soucie.

«Cela va de soi, c'est une tragédie», explique brièvement le directeur adjoint du SPVG, André Labelle, en conférence de presse.

La mort d'un enfant dans des circonstances semblables fait partie des pires choses à enquêter, selon plusieurs, il est primordial de se fier aux expertises médicolégales et aux conclusions du coroner - froides, rationnelles et techniques.

Ces conclusions peuvent prendre des mois à arriver sur le bureau des crimes majeurs. C'est pourquoi il a fallu cinq mois, depuis le décès du bébé, avant de porter des accusations.

«En fin de compte, c'est difficile», commente M. Labelle, sur la nature du travail de policier dans des circonstances où les émotions sont à fleur de peau chez les familles éprouvées.

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