Jour de deuil à Gracefield

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L'émotion était palpable lors des funérailles des petites victimes de l'incendie survenu à Gracefield le 26 février dernier.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Gracefield ne faisait plus qu'un, vendredi après-midi.

Par cette blanche journée de mars, au moins 300 personnes, venant parfois d'aussi loin que de Sudbury, sont venues dire adieu aux petits Mélanie Courtney, 2 ans, et Mathew Robillard, 4 ans, morts le 26 février dernier dans le violent incendie de leur demeure du chemin Eloi-Lachapelle.

Rares étaient ceux qui ont réussi à contenir leurs larmes quand les deux petits cercueils blancs ont fait leur entrée en l'église La Visitation.

Anglophone, francophone, catholique, protestante, marquée de musique et de babillements d'enfants: la cérémonie aura été à l'image de la famille Courtney-Snowden et de leur coin de pays.

«Vous n'êtes pas seuls», a répété à plusieurs reprises la révérende Paula Mullin, comme pour rappeler aux parents endeuillés, Eric Courtney et Tina Snowden, que des centaines de gens ont été touchés par la tragédie.

«Rien ne peut séparer l'amour qui nous unit aujourd'hui, a-t-elle poursuivi. Le meilleur mémorial pour Mathew et Mélanie, ce sera nous...»

Le curé Mario Thibault lui a donné raison. «Depuis le drame, beaucoup de gens se sont mis ensemble et ont mis de côté leurs différences pour supporter la famille. L'amour ne connaît pas de barrière de langue ou de religion.»

Deux enfants de la famille, Erika, 10 ans, et Alexandre, 13 ans, ont courageusement pris la parole sur l'autel pour rendre hommage à leur frère et à leur soeur disparus.

La petite Erika était à peine audible, racontant d'une voix douce à quel point Mélanie aimait les vêtements et les boutons. Son frère Alex, lui, a parlé de Mathew et de leur amour commun des jeux et de la technologie, avant de fondre en larmes.

Les petites victimes laissent aussi dans le deuil leurs autres frères et soeurs: Ashley, Coady, Sean, Brandon et William.

Alors que la cérémonie tirait à sa fin, c'est sous le signe de la jeunesse qu'une prière pour les deux disparus a été récitée. Plusieurs amis de Sean, 16 ans, le plus vieux de la famille, se sont avancés pour mettre une dose d'espoir dans ces douloureux moments d'adieu.

C'est aussi pour semer la graine de l'espoir et tenter de tourner la page que des dizaines de ballons blancs, bleus et roses ont été lâchés vers les cieux, quelques instants avant que les deux petits ne soient portés à leur dernier repos.

«C'est temps pour moi de partir, je ne dirai pas au revoir», pouvait-on lire dans le programme des funérailles.

Une solidarité qui dépasse les frontières

Depuis le drame, l'aide que reçoit la famille Courtney-Snowden ne se tarit pas.

«Il y a du monde de jusqu'à Winnipeg qui ont donné pour aider la famille», a raconté après la cérémonie Michael Gainsford, chef adjoint des pompiers et conseiller municipal de Gracefield. «Des drames comme ça, ça touche tout le monde. Des frontières, il n'y en a pas.»

Malgré la douleur qui l'assaillait, la mère, Tina, tenait d'ailleurs à dire merci à tous ceux qui, de près ou de loin, les ont accompagnés depuis le drame. «Merci. Si je ne l'ai pas dit cent fois, je ne l'ai pas dit une fois.» «Plein de gens qui ont aidé étaient là, ça nous fait du bien, a poursuivi le père, Éric. Juste de savoir qu'ils sont venus...»

Ils approchent avec appréhension la suite des choses. «C'est nos autres enfants qui nous gardent en vie. C'est eux autres qui nous donnent une raison de vivre», a tout simplement dit Tina.

Le père d'Éric, Gaston Lachapelle, a aussi fait savoir sa gratitude.

Celui que plusieurs ont décrit comme un homme de peu de mots et un grand-père dévoué voulait faire entendre son message. «Tout le monde a des grands coeurs ici. [...] Les gens ont donné, même encore aujourd'hui. Du monde de Montréal, de Gatineau, d'Ottawa. [...] Je veux remercier tout le monde, mais je ne peux pas tous les nommer.»

Souper-spectacle

L'élan de solidarité envers la famille Courtney-Snowden continuera samedi soir à la salle communautaire de Gracefield. La population est conviée à un souper-spectacle-bénéfice au profit de la famille.

Les élus de Gracefield s'occuperont du service. Les gens du Théâtre rural itinérant de l'Outaouais s'occuperont du spectacle.

Le coût d'entrée est de 30 $. Pour se procurer des billets, on peut téléphoner au 819-463-3458.

L'aîné de la famille, Sean, était avec des... (Patrick Woodbury, LeDroit) - image 2.0

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L'aîné de la famille, Sean, était avec des amis (rassemblés sur la photo) au Pérou, parti prêter main-forte à l'orphelinat CIMA, lorsque le drame est arrivé.

Patrick Woodbury, LeDroit

La deuxième famille de Sean

Le drame de la famille Courtney-Snowden a eu des échos jusqu'au Pérou.

Quand son frère Mathew et sa soeur Mélanie ont poussé leur dernier souffle, Sean, 16 ans, était à Cieneguilla, une petite ville à 20 kilomètres de la capitale, Lima.

L'aîné de la famille accompagnait le curé Mario Thibault et un groupe de jeunes hommes partis prêter main-forte au Centre d'intégration pour mineur avec amour (CIMA), un orphelinat pour garçons fondé en 1990 par un professeur d'éducation physique québécois.

«J'ai appris ce qui était arrivé quand j'ai texté ma mère pour lui donner de mes nouvelles», raconte Maxime Roussy, un de ceux qui ont pris part au projet.

À ce moment, le voyage était à moitié complété. C'est alors que tous se sont concertés pour qu'il ne puisse profiter d'une aventure qu'il avait longtemps souhaitée. «On ne lui a pas dit avant la fin du voyage», admet-il.

Un geste de solidarité qui n'a pas surpris le curé Thibault. Sean incarne bien les liens qui unissent Gracefield, selon lui. «Sa famille fait partie de l'Église unie (protestante), vous savez. Mais il fait partie du groupe.»

«Il est revenu motivé, la tête pleine de projets. Ça l'a aidé à passer à travers, raconte-t-il. Les gars disent que le groupe, c'est leur deuxième famille. Ils voulaient être là pour Sean, c'est tout.» 

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