Saga des Olympiques au Boston Pizza: des dépositions mises au jour

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Sur un enregistrement audio d'une dizaine de minutes, on y entend les intervenants commenter, en direct, ce qu'ils voient sur les bandes vidéo lors des événements survenus le 20 février dernier au restaurant Boston Pizza du secteur Hull.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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La jeune femme impliquée dans l'incident survenu au Boston Pizza avec des joueurs des Olympiques qui a mené à l'ouverture d'une enquête pour action indécente, il y a deux semaines, était, selon des employés du restaurant sur place lors des événements, clairement intoxiquée, révèle une bande audio des dépositions faites à un policier de Gatineau, et dont LeDroit a obtenu copie.

> La bande audio des dépositions, version intégrale, et sa transcription

L'enregistrement d'une dizaine de minutes, que nous rendons aujourd'hui disponible sur notre site Internet, a été réalisé en même temps que le visionnement, par ce policier, de la bande vidéo des caméras de surveillance du Boston Pizza renfermant les images liées aux événements allégués. On y entend les intervenants commenter, en direct, ce qu'ils voient sur les bandes vidéo.

Par ailleurs, contrairement à ce qui a été véhiculé par certains blogueurs et autres médias locaux, les bandes vidéo consultées par le policier semblent, selon les témoins qui les commentent, bel et bien démontrer qu'un joueur des Olympiques faisait le guet devant la porte des toilettes au moment des faits, tel que LeDroit le rapportait dans son édition du 23 février dernier.

Le visionnement des bandes a eu lieu au Boston Pizza, le lendemain des événements, 48 heures avant que le président des Olympiques, Alain Sear, et l'entraîneur, Benoît Groulx, débarquent au restaurant pour s'entretenir avec la direction de l'établissement.

Des employés du restaurant sont présents lors de ce visionnement, tout comme l'ancien journaliste du Droit, Samuel Blais-Gauthier, qui se trouvait par hasard sur place le soir de l'incident.

Une employée du restaurant affirme à ce moment au policier avoir elle-même contacté «le président des Olympiques» au sujet de cette soirée, «pour y shooter un petit peu de marde». Elle affirme que son interlocuteur s'est aussitôt enquis de l'état de la femme impliquée, pour savoir si elle était «correcte», avant de demander si elle était «consentante».

«J'ai dit: "Écoutez monsieur, je ne sais pas, je sais qu'elle était intoxiquée, c'est tout ce que je peux dire, parce que moi, avant de partir d'ici, moi je l'ai vue, elle est arrivée un peu avant que je parte, puis elle riait toute seule, elle parlait toute seule, comme tu voyais qu'elle était un peu pas là"», dit l'employée sur cette bande audio.

Cette dernière avance que la femme «avait l'air d'avoir pris, je ne sais pas, de l'ecstasy, ou quelque chose, parce qu'elle n'arrêtait pas de se toucher, puis elle avait l'air d'être, je m'excuse du terme, mais en chaleur». L'employé masculin ajoute que «quand elle est arrivée, elle était déjà de même».

Le policier se questionne à un certain moment à savoir ce que la femme «a pris, si c'est de la boisson». L'employé masculin répond qu'elle a «juste pris deux drinks» au Boston Pizza ce soir-là.

Sa collègue souligne aussi que la dame «tripotait les gars, se montrait les seins, se montrait les fesses» auprès des hommes présents dans le restaurant. «Avant qu'eux autres arrivent, elle courait après d'autres gars, explique-t-elle. Quand les Olympiques sont arrivés, là elle a sauté sur eux autres.»

Les deux employés soutiennent également, dans l'enregistrement, qu'un des joueurs des Olympiques semble surveiller l'accès aux toilettes où se trouvent de ses coéquipiers et la femme. «Il y en a un qui guette la porte, dans le fond, pour ne pas que personne ne rentre», affirme l'employée. Son collègue renchérit: «Lui, il ne rentre pas, je pense qu'il fait juste comme guetter.» Le même employé souligne par ailleurs que la porte des toilettes «est comme jammée» lorsque des employés s'en approchent.

L'employé masculin entendu sur la bande audio affirme que les jeunes hommes impliqués dans l'incident à l'origine de l'enquête «ont tous hâte d'y aller» lorsqu'un premier joueur monte à l'étage avec la femme. «Ils sont tous en train de se pogner là, c'est dégueulasse, lance-t-il. [...] Tu vois, on dirait qu'ils se dézippent et tout là, c'est mongol, c'est dégueulasse.»

Lorsque les joueurs sont vus en train de quitter les toilettes, l'employée note que «les autres là, ils sont tous en train de remonter leurs culottes». À un moment, le policier note qu'«au niveau agression sexuelle», «c'est difficile». «Mais côté action indécente, nous, le seul plaignant qu'on a de besoin, ce serait toi, par exemple, qui as été témoin qu'il y a eu quelque chose dans la toilette», ajoute le policier.

Mot du rédacteur en chef Jean Gagnon

Le 23 février dernier, LeDroit révélait en exclusivité un événement qui, depuis, fait jaser partout au Québec: une femme et six joueurs des Olympiques de Gatineau s'étaient livrés à des actes de nature sexuelle dans les toilettes du Boston Pizza du secteur du Plateau.

Au cours des derniers jours, des journalistes, commentateurs et blogueurs sportifs ont émis des propos visant à banaliser cette affaire. Histoire montée en épingle, ont prétendu certains. Exagération, ont lancé d'autres. Tout le monde intéressé par cette affaire y va de sa propre interprétation, souvent soutenue par le visionnement de bandes vidéo enregistrées par les caméras de surveillance du restaurant.

Dans un texte signé par notre journaliste Mathieu Bélanger, LeDroit choisit aujourd'hui de dévoiler dans ses pages et sur son site web le contenu d'une bande audio qui contient des dépositions faites à un policier de Gatineau par des témoins de l'événement, notamment des employés du Boston Pizza. Les témoignages recueillis révèlent entre autres que la femme était intoxiquée au moment des incidents et qu'un joueur des Olympiques semblait avoir fait le guet devant la porte des toilettes pendant que des coéquipiers et la femme se trouvaient à l'intérieur. Ces témoignages ont été contestés à l'occasion par certains qui ont eu accès aux bandes vidéo.

On ne peut présumer des résultats des enquêtes menées par la police de Gatineau, les Olympiques de Gatineau et la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Une chose est cependant certaine: les faits révélés par LeDroit le 23 février nous permettent de conclure qu'il s'agit là, à tout le moins, d'un cas flagrant de gestes de grossière indécence de nature sexuelle commis dans un lieu public. Et ça, personne ne peut l'ignorer, à commencer par le président des Olympiques de Gatineau, Alain Sear, et le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau.

- Jean Gagnon, rédacteur en chef

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