Le vétéran Ernest Côté est décédé

En plus de combattre lors de la Seconde... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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En plus de combattre lors de la Seconde Guerre mondiale, Ernest Côté a occupé de nombreux postes de marque au sein de l'armée et du gouvernement fédéral au cours de sa longue carrière.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Le vétéran centenaire de la Deuxième Guerre mondiale, qui avait survécu à l'assaut d'un présumé tueur en décembre dernier à Ottawa, a rendu l'âme mercredi.

Sa fille Lucie a confirmé la nouvelle jeudi. Ernest Adolphe Côté, 101 ans, est décédé de cause naturelle.

Son destin hors de l'ordinaire a permis de faire arrêter un des criminels les plus recherchés du Canada, quelque 70 ans après qu'il ait participé à l'historique Débarquement de Normandie, le 6 juin 1944.

M. Côté avait été victime d'un braquage à domicile le 18 décembre dernier dans sa résidence d'Ottawa. Son présumé agresseur, Ian Bush, aurait tenté de le tuer en lui couvrant la tête d'un sac de plastique après l'avoir ligoté. Le vétéran a réussi à se défaire de ses liens et à appeler à l'aide.

Ernest Côté avait multiplié les entrevues en janvier, et parmi celles-ci, un entretien avec notre chroniqueur Denis Gratton.

M. Côté, malade depuis quelque temps, avait pris ses distances des caméras et s'était abstenu de parler publiquement d'Ian Bush après l'arrestation de celui-ci pour le triple meurtre du juge Alban Garon, de sa femme Raymonde et de leur amie Marie-Claire Beniskos, en 2007.

Grâce à l'ADN recueilli sur les deux scènes, à près de huit ans d'intervalle, les policiers croient avoir relié M. Bush aux deux crimes.

Une vie honorable

Après sa carrière militaire, ce Franco-Albertain d'origine a corédigé la Charte d'Ottawa de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a été nommé sous-ministre au sein de deux importants ministères fédéraux et a accédé au poste d'ambassadeur du Canada en Finlande. Il aurait eu 102 ans le 12 juin prochain.

Lauréat de la Légion d'honneur et de l'Ordre de l'Empire britannique, M. Côté s'apprêtait à recevoir la décoration de l'Ordre de la Pléiade des mains de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie.

M. Côté était responsable de la logistique lors du débarquement de Normandie. Il s'était enrôlé volontairement en 1939. Il a terminé sa carrière militaire comme général. Il était le père de quatre enfants: Michel Frémont-Côté, Benoît, Denyse et Lucie.

En 2012, il racontait au Droit cette anecdote. «Dans les heures qui ont suivi le débarquement, les corps de soldats morts au combat étaient nombreux et nous ne trouvions pas les soldats britanniques chargés de ramasser les dépouilles, explique-t-il. Puis, je me suis rendu compte que les Anglais étaient partis prendre leur thé de 11h. Je leur ai dit de le boire rapidement et de se remettre au travail!»

***

En janvier dernier, Ernest Côté avait convaincu notre chroniqueur Denis Gratton de trinquer un «p'tit sherry». Il s'était ainsi confié au Droit sur sa mésaventure du 18 décembre.

ERNEST CÔTÉ: Je n'ai pas été défait! J'étais en maudit!

DENIS GRATTON: Comment avez-vous réussi à vous déprendre?

EC: Comme ceci. (Il place ses mains dans son dos et bouge tour à tour ses poignets.) Ça faisait «cric, cric, cric», puis le ruban a finalement cédé. Mon fils Benoît a dit à la blague: «Une chance que c'était du duct tape du Dollarama et pas du duct tape de Lee Valley!» Une fois détaché, j'ai pris ma marchette et je suis allé dans ma chambre pour retirer la cagoule, c'est-à-dire le sac de plastique. J'ai ensuite appelé la sécurité.

DG: Vous l'avez échappé belle.

EC: Ah oui. Si j'étais resté assis 10 ou 15 minutes de plus, je me serais évanoui. Je voyais mon souffle dans le sac de plastique. Quand j'y pense avec un peu de recul, je me dis que si je n'avais pas réussi à me détacher, je ne serais pas ici aujourd'hui pour vous parler.

DG: Croyez-vous pouvoir pardonner Ian Bush un jour?

EC: Non. Ce gars-là savait exactement ce qu'il faisait. C'était un geste calculé. M'a-t-il choisi par hasard? Je ne sais pas. L'enquête policière le dira. Mais je n'avais jamais rencontré cet homme de ma vie. Et je me demande parfois s'il n'a pas déjà commis un tel crime ailleurs. On veut le faire passer comme un homme mentalement déficient. Il a peut-être quelque chose qui ne va pas, mais j'ai l'impression qu'il savait exactement ce qu'il faisait.

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