Le destin noué de Jacob et Gabrielle

Faisant fi du froid mordant, proches, amis et... (Patrick Woodbury)

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Faisant fi du froid mordant, proches, amis et voisins avaient sur eux un brin de réconfort à offrir à la famille : un lampion, un ourson en peluche, une gerbe de fleurs.

Patrick Woodbury

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Du tout début jusqu'à la toute fin de leur courte vie, les destins de Jacob et Gabrielle Rondeau ont été noués.

« Ils sont partis dimanche soir à 19 h 08. Ils sont décédés les deux en même temps. Ils sont venus au monde à deux minutes de différence. Ils sont venus ensemble, ils sont repartis ensemble. »

Leur mère, Erika Cormier, en larmes et la gorge nouée par l'émotion, s'est adressée à une foule compacte d'une centaine de personnes venues lui offrir leurs condoléances, hier soir, lors d'une veillée à la bougie.

Faisant fi du froid mordant, proches, amis et voisins avaient sur eux un brin de réconfort à offrir à la famille : un lampion, un ourson en peluche, une gerbe de fleurs.

Jacob et Gabrielle, des jumeaux de 12 ans, ont succombé, dimanche soir, aux blessures subies lors de l'incendie ayant ravagé la veille leur logement de la rue Marengère, dans le quartier Pointe-Gatineau.

Erika Cormier a choisi de faire don de leurs organes, pour éviter que d'autres familles se brisent.

« Ils ne sont plus ici, mais ils vont vivre à travers d'autres gens parce qu'on a donné leurs organes, pour qu'il y ait d'autres enfants qui peuvent au moins avoir de l'espoir ; d'autres familles qui peuvent avoir leurs enfants avec eux », a-t-elle confié.

Les personnes présentes ont chaleureusement applaudi le geste.

« Je n'entendrai peut-être plus jamais le coeur de mon fils ou de ma fille battre. Mais je sais qu'il va battre dans la poitrine de quelqu'un d'autre. Je sais que cet enfant va porter mon fils ou ma fille en elle. »

Un voisin, André Valiquette, n'arrive pas à y croire. Jacob et Gabrielle, qui habitaient le logement voisin du sien, ne viendront plus jamais faire leur tour chez lui.

Les détecteurs de fumée du logement où les jumeaux dormaient samedi soir ont beau avoir retenti, les jeunes victimes n'ont pu sortir indemnes du brasier. Ami de la famille, M. Valiquette a tenté d'aller les sauver, en vain.

« C'est moi qui ai essayé de rentrer dans la maison pour les sortir, raconte-t-il. Mais il y avait trop de boucane. »

Les jeunes victimes ont rapidement été transportées à l'Hôpital de Gatineau avant d'être transférées au Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario. Ils y ont rendu leur dernier souffle peu après 19 h, dimanche.

Les flammes ont pris naissance vers 23 h, samedi soir, dans le logement du 75-A Marengère où les victimes demeuraient avec leur mère, leurs frères et une soeur. Au moment du drame, c'est le grand frère de 17 ans des victimes qui les gardait. Il était sorti faire une commission lorsque le brasier s'est déclaré. « L'enquête a démontré que la cause de l'incendie est accidentelle et résulte d'un feu de cuisson, a fait savoir le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG). Il n'y aura aucune accusation de portée à la suite de ce malheureux incident. »

Pour André Valiquette, il importe de ne pas jeter le blâme sur le grand frère des petites victimes. «Il est en état de choc, affirme son voisin. Ce n'est pas de sa faute, c'est un accident stupide. Tu ne pouvais pas les aimer plus que lui les aimait. Il est complètement bouleversé.»

Le porte-parole du SPVG, le sergent Jean-Paul LeMay, précise que l'enquête a démontré qu'il n'y a pas eu négligence de la part du frère des victimes.

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