Olympiques de Gatineau: les enquêtes sont déclenchées

Selon l'avocate Kim Beaudoin, le seul fait qu'une... (Archives LeDroit)

Agrandir

Selon l'avocate Kim Beaudoin, le seul fait qu'une personne soit intoxiquée, même si elle donne son consentement, peut aboutir à des accusations d'agression sexuelle.

Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Après le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), c'est au tour de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) et des Olympiques de Gatineau de lancer leur propre enquête sur les allégations d'action indécente impliquant six joueurs de l'équipe et une femme intoxiquée.

Ce qui était considéré comme un « dossier ouvert » par le SPVG, dimanche, a pris la forme d'une enquête concernant la réception d'une « plainte », lundi.

LeDroit a rapporté, hier, l'incident s'étant produit dans un restaurant de Gatineau. Selon des témoins, une femme visiblement très intoxiquée s'est rendue dans les toilettes de l'établissement avec des joueurs de l'équipe.

Le sergent Jean-Paul LeMay a confirmé à nouveau, hier, qu'il n'y avait eu aucune plainte d'agression sexuelle. Nos sources ont confirmé que la femme impliquée ne s'était toujours pas rapportée aux autorités en fin de journée, lundi.

Mais une enquête policière est bel et bien enclenchée en matière d'action indécente, puisque les gestes explicites ont été posés dans un endroit public, soit les toilettes d'un restaurant. Des sources judiciaires nous ont expliqué que cela constituait bien un geste indécent, même si le tout s'était déroulé derrière la porte close d'une toilette.

L'action indécente pourrait s'appliquer aux sept participants, selon nos sources. Pour le moment, aucune accusation de la sorte n'a été déposée.

Dans une déclaration commune, lundi, la LHJMQ et l'organisation des Olympiques ont dit prendre « très au sérieux » ces allégations.

« Il y aura une enquête interne et un processus sera établi pour les prochaines étapes », ont indiqué la LHJMQ et les Olympiques dans un très bref communiqué. « Il n'y aura aucun autre commentaire sur la situation jusqu'à nouvel ordre. »

Le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, ne se prononcera pas de vive voix, étant à l'extérieur du pays.

Tard vendredi soir dernier, au moins six joueurs des Olympiques auraient encouragé ou se seraient livrés à des gestes de nature sexuelle sur une femme fortement intoxiquée au Boston Pizza du secteur du Plateau, à Gatineau. Les joueurs ont été évacués des toilettes par un employé. Ce dernier aurait dû forcer la porte pour intervenir et faire cesser la situation.

La femme se serait montrée consentante, bien que son jugement semblait affecté par une substance délétère, selon des témoins.

Lundi, l'entraîneur-chef et le président des Olympiques, Benoit Groulx et Alain Sear, ont été vus à leur sortie du Boston Pizza. Ils n'ont émis aucun commentaire.

La suite

Selon l'avocate Kim Beaudoin, le seul fait qu'une personne soit intoxiquée, même si elle donne son consentement, peut aboutir à des accusations d'agression sexuelle.

« Le 'oui' ne compte pas » si la personne est intoxiquée et ne sait pas ce qu'elle fait, résume-t-elle. « Mais pour qu'il y ait accusation, il doit y avoir une plainte. »

Selon la jurisprudence que connaît Mme Beaudoin, l'action indécente est très claire dans le Code criminel. « L'an dernier, un couple a été arrêté pour avoir fait l'amour dans une cabine de toilette d'un avion. Même s'il y avait consentement, ils ont été arrêtés. »

Selon l'avocate, les faits allégués impliquant les Olympiques sont effectivement de la grossière indécence. « Les toilettes d'un restaurant, c'est public. Même si la porte est close. »

Gatineau

La Ville de Gatineau et les Olympiques sont deux partenaires intimement liés. Par la voix de son attachée de presse, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, s'est dit « préoccupé » par cette controverse entourant ce club de hockey qui traîne le nom de sa Ville aux quatre coins de la province.

« Le maire a parlé à M. Sear au téléphone et il s'attend à ce que l'organisation fasse la lumière sur cette affaire », a précisé l'attachée de presse du maire, Laurence Gillot. Pour le reste, aucun commentaire n'a émané du cabinet du maire. La Ville de Gatineau souhaite laisser le service de police mener son enquête.

Le conseiller municipal et président de la Commission des sports et des loisirs de la Ville de Gatineau, Stéphane Lauzon, s'est pour sa part abstenu de tout commentaire. « Nous n'avons aucune liberté de commenter, a-t-il dit. Il y a une enquête de la police et une enquête à l'interne. Nous ne savons même pas s'il s'agit bien des joueurs des Olympiques. Bien des choses doivent être précisées. »

Avec Mathieu Bélanger

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer