Son «exemplarité positive» lui évite la prison

«L'exemplarité positive» a bien servi une femme qui a touché les bas-fonds... (Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste)

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Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste

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L'«exemplarité positive» a bien servi une femme qui a touché les bas-fonds avant de se relever et de refaire sa vie. Impressionné par la démarche de l'ex-toxicomane, un juge de Gatineau lui a épargné une peine d'emprisonnement en prononçant une sentence suspendue.

Lorsqu'un juge décide d'imposer une sentence dure pour dénoncer un crime grave, il évoque les termes d'exemplarité et de dénonciation auprès du public. Ces crimes sont régulièrement rapportés dans les médias. Cette semaine, le juge Valmont Beaulieu, de la Cour du Québec, a donné une sentence encore moins sévère que ce que demandait la défense.

L'histoire de Nadine (nom fictif) a été rapportée par LeDroit, samedi dernier. Son mari l'a quittée, amenant avec lui leurs enfants trop souvent témoins de ses crises et tentatives de suicide.

Nouvelle fumeuse de crack à 42 ans, vivant d'importants problèmes de bipolarité, de dédoublement de personnalité et de dépression, elle a fréquenté les maisons de crack de Gatineau. Elle a rencontré un nouvel homme, violent, au lourd passé judiciaire et qui la faisait voler pour assouvir sa dépendance aux drogues. Elle a fait des allers-retours entre l'hôtel psychiatrique et le palais de justice. Elle a déjà été reconnue non criminellement responsable pour aliénation.

Mais elle s'est reprise en main d'une si belle façon qu'elle a retrouvé ses enfants, un conjoint bienveillant, sa santé, et un poids plus normal que les 45 kilos (100 livres) affichées lors de sa phase de toxicomanie.

Jugée pour ses vols, la Couronne demandait une peine de 6 à 9 mois de détention. La défense était d'avis qu'une peine de 6 à 9 mois dans la communauté était suffisante.

«Vous êtes venue devant moi pour plaider coupable, en disant que vous assumiez tout ce que vous avez fait», a déclaré le juge à la femme très émotive. De l'avis de son avocate, Geneveive Casey, la femme était certaine d'aboutir derrière les barreaux.

Le juge lui a fait remarquer que son histoire s'était retrouvée dans LeDroit le 14 février dernier. «Habituellement, les journalistes parlent de récidivistes, de gens qui ne se prennent pas en main, de gens qui ne s'en sortent pas. Vous êtes un exemple. Grâce à vous et à cet article, les gens ont pu lire cela, en fin de semaine. Plusieurs personnes vont voir qu'il n'y a pas juste des dangereux, mais qu'il y a aussi des gens qui se prennent en main et qui sont des actifs pour la société.»

La semaine dernière, la femme a témoigné de la réussite de ses dizaines de thérapies, de sa nouvelle vie. Sa fille a parlé de sa mère, «une idole» redevenue si importante pour elle, à 17 ans. La femme prend une vraie médication, retrouve une vraie vie et adopte une attitude positive. «Si je retourne en prison, c'est la rechute», a-t-elle témoigné.

La femme devra faire 120 heures de travaux communautaires, suivre ses thérapies et respecter les conditions de sa probation d'une durée de trois ans.

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