Deux policiers gatinois dopés aux stéroïdes

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Les audiences de la semaine dernière ont forcé l'agent Nelson Fortin à admettre qu'il avait consommé des stéroïdes, tout comme un de ses collègues, Alexandre Renaud, qui a aussi témoigné. Les deux policiers ont mis cartes sur table, ajoutant qu'ils avaient cessé leur consommation de cette substance anabolisante.

Courtoisie

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Le combat sans merci auquel se livre l'un des criminels les plus connus de l'Outaouais et les forces de l'ordre se terminera vraisemblablement par un K-O. On ignore qui ira au tapis au terme de cet affrontement qui oppose Claude Dorion à la police de Gatineau, mais déjà, les coups en bas de la ceinture précèdent les crochets au menton.

Le procès parallèle de Claude Dorion, présumée tête dirigeante d'un réseau démantelé en mai 2012 lors de l'opération Avalanche, s'est poursuivi la semaine dernière.

Arrêté le 31 mai 2012, Claude Dorion risque plusieurs années au cachot pour une kyrielle d'accusations reliées au trafic de stupéfiants. La frappe avait aussi permis la saisie de stéroïdes.

Derrière les barreaux dans l'attente de son procès, Claude Dorion a voulu régler ses comptes avec un policier de Gatineau, en distribuant une vidéo dans laquelle son présumé complice, l'ancien culturiste Christian Clermont, injecte des stéroïdes à cet agent.

Vendredi, le policier gatinois filmé à son insu, Nelson Fortin, a livré sa version des faits à la juge Anouk Desaulniers. Ce témoignage fait partie du procès de M. Dorion pour méfait public, soit d'avoir fait déclencher une fausse enquête de la Sûreté du Québec en accusant à tort ce policier de lui avoir volé des stéroïdes lors de la perquisition faite lors de l'opération d'Avalanche.

Après une enquête indépendante, le ministère public n'a pas accusé l'agent Fortin. Il s'est plutôt retourné vers Claude Dorion qu'il accuse de méfait.

Les audiences de la semaine dernière ont forcé l'agent Fortin à admettre qu'il avait consommé des stéroïdes, tout comme un de ses collègues, Alexandre Renaud, qui a aussi témoigné. Les deux policiers ont mis cartes sur table, ajoutant qu'ils avaient cessé leur consommation de cette substance anabolisante.

Après la frappe d'Avalanche, Alexandre Renaud a aperçu Christian Clermont en compagnie Marie Vranass, la conjointe de Claude Dorion, au palais de justice de Gatineau. « J'ai fait le lien, a témoigné le policier Renaud. Avant, je ne soupçonnais aucunement ce lien (entre Dorion et les stéroïdes de Clermont). »

M. Renaud a appelé Nelson Fortin pour l'alerter.

« La marde que tu m'as injectée, a dit M. Fortin à M. Clermont, j'espère que ça ne vient pas de Dorion. » Christian Clermont, d'habitude direct, se serait montré alors évasif, toujours selon le policier écorché.

Les deux policiers faisaient confiance à M. Clermont, qui a longtemps oeuvré dans le milieu du culturisme. Le policier Fortin croyait que l'entraîneur avait un « laissez-passer » de son médecin, ce qui lui permettait d'obtenir la substance.

Au Canada, il est illégal de vendre des stéroïdes, mais il n'est pas illégal d'en acheter. « Je n'ai rien fait d'illégal, s'est défendu le policier Fortin. Peut-être pas moral, mais pas illégal. » Selon lui, les fioles qu'il achetait n'étaient pas les mêmes que celles qu'il a vues chez le suspect, lors de la frappe de mai 2012.

En 2013, Christian Clermont a caché une caméra vidéo chez lui, et a filmé la scène où il injecte des stéroïdes au policier Fortin.

Cette vidéo a entre autre été envoyée à la station TVA, à la demande de Claude Dorion.

Selon des messages textes que ce sont échangés Claude Dorion et Christian Clermont, cette stratégie avait pour but de faire « boum boum » et d'aider leur cause. Cette stratégie était accompagnée de la livraison, au bureau de la Couronne, de seringues « portant l'ADN » du policier. Claude Dorion allègue qu'il manquait de fioles à la suite de la saisie. Le policier Fortin a expliqué qu'il n'avait rien volé, et que les nombreux policiers ayant participé à la perquisition auraient remarqué quelque chose si cela avait été le cas.

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