Suspension des Gee Gees d'Ottawa: recours collectif de 6 millions contre l'UdO

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Andrew Creppin s'est présenté aux côtés de ses avocats, Lawrence Greenspon et Marisa Victor.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Les joueurs de hockey des Gee Gees de l'Université d'Ottawa, éclaboussés par des allégations d'agression sexuelle d'une jeune femme par deux des leurs, en 2014, intentent un recours collectif pour atteinte à leur réputation.

Un des joueurs poursuivants, Andrew Creppin, s'est présenté aux côtés des avocats représentant les 22 hockeyeurs - excluant les deux accusés - hier midi. Selon le procureur Lawrence Greenspon, la direction de l'université a nui à la réputation de ceux qui n'ont rien à voir avec cette présumée agression survenue dans un hôtel de Thunder Bay, alors que l'équipe complétait un périple sur la route.

Les joueurs, suspendus après que ces allégations aient été rendues publiques, poursuivent l'Université d'Ottawa pour 6 millions$, dont le tiers représente des dommages exemplaires.

«Nous avons été salis par cette histoire», a répété le joueur Creppin, qui se fait le porte-parole de ses anciens coéquipiers. Ceux-ci ne veulent pas être identifiés, mais M. Creppin parle publiquement pour laver sa réputation.

Selon Me Greenspon, la façon dont l'enquête a été menée au sein de l'université était erronée. L'université, par ses déclarations de 2014 sur les présumés agissements des Gee Gees, aurait mis tout le monde dans le même bateau et puni les joueurs innocents, en annulant la présente saison de hockey.

«Cela a jeté une ombre sur les autres joueurs, qui ont finalement été stigmatisés publiquement», a déclaré Me Greenspon.

Pour plusieurs universitaires, la saison 2014-2015 représentait leur dernière chance de jouer à un niveau aussi élevé. «Ce sont des années de travail, a expliqué M. Creppin. Tous ces camps de hockey, l'été, ces entraînements depuis l'âge de cinq ans dans le but de devenir le meilleur. C'est fini...»

Les deux seuls hockeyeurs accusés d'agression sexuelle sont Guillaume Donovan et David Foucher. Le 2 février 2014, «un événement» s'est produit à l'hôtel de Thunder Bay. Ce qui s'est réellement produit est difficile à confirmer. Chose certaine, l'alcool a coulé à flots dans certaines chambres.

M. Creppin affirme qu'il était absent de l'hôtel au moment des faits allégués, accompagnant un coéquipier nécessitant des soins médicaux, à l'hôpital.

L'entraîneur, Réal Paiement, a été averti de l'incident, le lendemain. Ce dernier a depuis été congédié. Le recteur de l'Université d'Ottawa, Allan Rock, a déploré en juin dernier que M. Paiement n'ait pas rapporté l'incident à la direction de l'université.

Par courriel, la direction de l'Université d'Ottawa a mentionné hier qu'aucun document lié à une poursuite en justice sur cette question ne lui avait été signifié. «Nous examinerons les documents juridiques dès que nous les aurons en main», écrit-elle.

«Je ne veux pas que ce soit une honte d'écrire dans mon C.V. que j'ai joué pour les Gee Gees»

«Ma grand-mère est l'une des premières femmes diplômées de l'Université d'Ottawa. Je ne veux pas lui faire subir la disgrâce à cause de tout cela», raconte Andrew Creppin avec émotion.

Le «cela», c'est tout ce qui a découlé de la suspension de l'équipe de hockey après le dévoilement des allégations d'agressions sexuelles à l'endroit de deux de ses ex-coéquipiers.

Dans les semaines suivant cette nouvelle choc, plusieurs ont dénoncé la «culture du viol» sur les campus universitaires du pays.

Parallèlement, lors de même session universitaire, la présidente de la Fédération étudiante de l'Université, Anne-Marie Roy, avait été la cible de propos sexuellement dégradants sur Facebook.

«C'est difficile de ne pointer que dans cette direction (de la culture du viol)», dit-il lorsqu'on lui demande s'il avait quelque chose à dire aux femmes du campus. «Pour moi, c'est une famille qui est insultée.»

L'étudiant de 24 ans s'apprête à se lancer sur le marché du travail. «Je ne veux pas que ce soit une honte d'écrire dans mon C.V. que j'ai joué pour les Gee Gees.»

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