Le désastre du Rockfest 2013 refait surface

Selon les plaignants, des fleurs et des arbustes... (Courtoisie)

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Selon les plaignants, des fleurs et des arbustes ont été ravagés, un cabanon pour enfants a été endommagé et des outils de jardinage ont été volés lors du passage des festivaliers dans la cour de la résidence privée.

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2013, l'annus horribilis du Rockfest de Montebello, a refait surface hier devant la Cour des petites créances, au palais de justice de Gatineau. Deux propriétaires voisins du site réclament conjointement 14 000 $ en dommages moraux et matériels à Outaouais Rock et à son président, Alex Martel.

Les propriétaires sont membres d'une même famille, les Charlebois de la rue Notre-Dame (route 148). Leurs deux résidences sont collées sur l'action lorsque des centaines de milliers d'amateurs de décibels et de rock bien senti affluent près de la marina, où a lieu l'événement en juin.

L'année 2013 a sans doute été la pire au chapitre de la logistique pour l'organisme Outaouais Rock, qui chapeaute le Rockfest, le plus grand événement du genre au Canada. Cette huitième édition a été marquée par des débordements de toutes sortes : du manque de toilettes aux problèmes d'accès au site du festival, en passant par une pénurie de places de camping. L'endroit avait de plus été arrosé par d'importantes averses tout juste avant la fin de semaine de festivités.

Le site avait été souillé et les environs des toilettes sèches étaient entourés d'une boue dont la composition était fort douteuse.

Les responsables du festival s'étaient excusés auprès des résidents et des fêtards, regrettant la tournure des événements. Il s'en est suivi un débreffage avec la population et différents intervenants, afin que de tels incidents ne se reproduisent plus. La dernière édition a été couronnée de succès et aucune plainte officielle n'a été déposée.

M. Martel a rajouté que la très grande majorité des habitants de Montebello accueillaient le festival à bras ouverts, et que certains en profitaient pour louer leur résidence, ou vendre des bouteilles d'eau et des repas sur le pouce.

« C'est une déception pour moi. C'est la première fois en 10 ans que je me retrouve en cour, et c'est contre des citoyens de Montebello, a commenté M. Martel. Je suis de la place, et j'ai toujours voulu m'assurer que les résidents soient bien. »

Les débordements de 2013

Les événements de 2013 ont irrité la famille Charlebois.

Emmanuel, ainsi que ses parents Denis et Bernadette Charlebois, sont propriétaires de deux maisons voisines entre la route 148 et la rivière des Outaouais. Ils les entretiennent avec minutie, soucieux de préserver leur mode de vie campagnard.

Précisant que les choses se sont améliorées en 2014, la famille a raconté sa mésaventure à la juge Patsy Bouthillette.

Dans les heures précédant l'ouverture du site, les organisateurs avaient érigé des clôtures afin de séparer les terrains privés de ceux du festival.

Le soir du vendredi 14 juin, des fêtards ont voulu créer un raccourci en faisant tomber la clôture de huit pieds protégeant la cour des Charlebois. Des centaines de personnes ont alors profité de l'occasion pour traverser le terrain et atteindre la route 148 par d'autres moyens que la sortie officielle. Les propriétaires ont reçu l'aide des autorités afin de redresser la clôture, mais le même manège s'est reproduit quelques heures plus tard, et l'effet de foule s'est de nouveau mis en marche. « C'est comme si un troupeau de vaches avait piétiné le terrain. Tout ce qui était fleuri a été piétiné », a décrit Mme Charlebois. Selon les plaignants, des fleurs et des arbustes ont été ravagés, un cabanon pour enfants a été endommagé et des outils de jardinage ont été volés. Des morceaux de bouteille de verre jonchaient sur le sol. « Plusieurs ont uriné sur le terrain. »

Les dommages réclamés concernent les inquiétudes, le manque de sommeil, les odeurs nauséabondes et le travail pour refaire le terrassement.

Des ajustements

La situation ne s'est pas reproduite le lendemain, samedi, selon l'organisateur du Rockfest, puisque des agents de sécurité supplémentaires ont été dépêchés sur les lieux.

En cour, M. Martel a soutenu avoir tenté de s'entendre à l'amiable avec les propriétaires afin de faire réparer le terrain endommagé. Les poursuivants disent avoir essuyé un refus lorsqu'ils ont fait parvenir à l'organisation une mise en demeure de 18 000 $. Le Rockfest a offert 1700 $, soit le coût des réparations selon les estimations d'une entreprise d'aménagement paysager.

Les propriétaires ont chacun demandé 7 000 $, le montant maximal admissible à la Cour des petites créances au moment du dépôt de la poursuite.

« Nous sommes déçus de la gestion en général, a dit Emmanuel Charlebois. Que des personnes âgées aient à subir le Rockfest... Les bonnes relations, c'est pour ceux qui profitent du Rockfest, pas pour ceux qui veulent profiter du village. »

M. Martel reconnaît le geste « stupide » des festivaliers, ajoutant qu'il s'agit d'une minorité nuisant à l'image de l'événement et aux centaines de milliers d'autres personnes qui ont fêté sans nuire à autrui.

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