«La ville ne devient pas plus violente»

Trois fusillades se sont produites en quatre jours... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Trois fusillades se sont produites en quatre jours à Ottawa depuis vendredi dernier, dont deux lundi.

Étienne Ranger, LeDroit

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La série de fusillades récentes entre gangs de rue ne rend pas la capitale nationale moins sécuritaire, estime un criminologue de l'Université d'Ottawa.

« La Ville ne devient pas plus violente, lance sans hésitation le professeur agrégé Ronald Melchers. Il y a moins d'homicides, moins de voies de fait depuis quelques années. Faut-il s'inquiéter ? Certes. Mais il ne faut pas arrêter de faire ses emplettes pour autant. »

Trois fusillades se sont produites en quatre jours à Ottawa depuis vendredi dernier, dont deux lundi. Le Service de police d'Ottawa confirme qu'il s'agit d'altercations entre gangs de rues dans les trois cas.

« Il y a certainement plus de fusillades que par le passé. Auparavant, les différends se réglaient avec des agressions physiques, parfois même au couteau. Nous ne voulons pas d'armes à feu. C'est totalement inacceptable », a commenté Mark Taylor, député adjoint de la Ville d'Ottawa, en l'absence du maire Jim Watson en raison des funérailles de sa mère.

Le conseiller municipal de l'ouest de la ville connaît bien la réalité de la violence. Son quartier, Baie, a été la scène de plusieurs fusillades plus tôt cette année au sein de certains logements sociaux. Des caméras ont été ajoutées tout comme des effectifs policiers pour tenter d'arrêter l'hémorragie. Depuis, il y a une certaine accalmie dans le quartier.

À cet effet, la chef adjointe du Service de police d'Ottawa, Jill Skinner, confirme que des ressources supplémentaires ont été allouées à l'Unité des armes à feu et des bandes de rues. Les blitz pour les infractions routières et autres initiatives moins urgentes seront ainsi mis de côté pour l'heure.

Au-delà d'une plus grande implication policière, M. Melchers croit cependant, tout comme le président de la Commission de services policiers d'Ottawa Eli El-Chantiry, que la communauté doit s'investir davantage pour contrer ce fléau.

« Le plus grand problème, c'est l'absence d'engagement, de cohérence dans les communautés, croit-il. Il faut accroître la collaboration entre la communauté, la police et les divers services publics. Ce n'est pas une situation intolérable, mais il faut que chaque communauté s'organise. »

Selon l'expert, il y a « évidemment un conflit » dans les rues de la capitale nationale. Toutefois, les raisons peuvent être nombreuses : luttes pour le territoire, affrontements pour accaparer sa part du marché de la drogue, duels pour un leadership, voire querelles non criminelles comme triangles amoureux ou autres désaccords. « Il faut être proche de ces milieux pour connaître la raison exacte. »

N'empêche que l'inquiétude prend de l'ampleur parmi certains résidents. Les plus récentes fusillades ont eu lieu dans des endroits publics très fréquentés.

« Ce qui se produit en ce moment est extrêmement préoccupant. Les policiers ont brossé un tableau assez exhaustif de la situation en expliquant qu'il s'agit d'incidents entre gangs de rue. Ce n'est pas dirigé contre le public, a rappelé le conseiller Taylor. Évidemment, ça ne prendrait pas grand-chose pour qu'une balle errante touche quelqu'un. »

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