La solidarité pour taire la détresse

Les militaires canadiens Nathan Cirillo et Patrice Vincent... (Photo archives PC)

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Les militaires canadiens Nathan Cirillo et Patrice Vincent ont été tués cet automne.

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La camaraderie et la solidarité ont plus de retombées positives sur les familles de militaires éprouvées que l'aide gouvernementale, en cette veille de Noël.

C'est du moins l'avis de la présidente de l'Association des conjointes de militaires canadiens, Marie-Josée Huard. D'un autre côté, l'ex-officier des Forces armées et professeur au département des sciences sociales au campus de St-Jérôme de l'Université du Québec en Outaouais, Dave Blackburn, estime que les choses ont changé pour le mieux, ces dernières années.

Deux familles sont particulièrement présentes dans les pensées des militaires canadiens, cette année.

Le caporal Nathan Cirillo et l'adjudant Patrice Vincent ont perdu la vie dans des attentats insensés commis en octobre, à Ottawa et à Saint-Jean-sur-Richelieu.

«Ces familles-là vont être épaulées», explique M. Blackburn.Il y a plus de services aujourd'hui qu'auparavant, dans les Forces armées.»

Mme Huard, quant à elle, a une opinion différente sur le sujet. «Les familles dont le père ou la mère souffre de stress post-traumatique, ou qui est décédé, n'ont pas grand-chose. Ce qui fonctionne le mieux, c'est le réseautage. Par contre, c'est sûr que les autres (familles de militaires) auront une pensée pour les familles éprouvées.»

M. Blackburn se souvient de l'aide apportée à la famille de l'adjudant-chef Robert Girouard, de la base de Petawawa, mort en 2006. Le convoi de la victime a été la cible d'un attentat-suicide près de Kandahar, en Afghanistan.

«Je me souviens du soutien exceptionnel à sa famille», raconte M. Blackburn, qui croit que la famille de M. Cirillo recevra du réconfort de ses pairs dans le temps des Fêtes. «C'est une qualité des Forces armées, la camaraderie. Probablement qu'un aumônier va aller lui rendre visite. La famille va être épaulée.»

Pour Mme Huard, Noël est l'occasion de «se refaire une santé» chez les familles de militaires à l'étranger ou souffrant des répercussions psychologiques de la guerre. «Avec Internet, le téléphone satellite, ce n'est plus comme avant. On peut au moins se voir et se parler.»

M. Blackburn observe la même chose. «Nous ne sommes plus au temps où il n'y avait que le courrier et quelques minutes de téléphone par semaine. Il y a une certaine tristesse pour ceux qui sont séparés de leur famille. Mais, spécifiquement pour Noël, il n'y a pas nécessairement de détresse. Les gens en mission se réunissent, là-bas. On s'organise pour célébrer quand même.»

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