Magnotta: coupable

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Luka Rocco Magnotta

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Sidhartha Banerjee
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

 Luka Rocco Magnotta est demeuré impassible, mardi, lorsque l'un des 12 jurés ayant décidé de son sort a prononcé le mot «coupable» après la lecture de chacun des chefs d'accusation - incluant celui de meurtre prémédité - qui pesaient contre lui en lien avec le démembrement de l'étudiant chinois Jun Lin.

«Pour un procureur de la Couronne, c'est toujours agréable d'entendre le jury prononcer le mot coupable à la fin d'un procès», a déclaré le procureur de la Couronne, Louis Bouthillier.

«C'est une satisfaction qu'on ressent.»

M. Bouthillier a affirmé qu'il n'était pas surpris par la décision du jury.

«On avait confiance que la preuve réussirait à les convaincre, alors on est bien contents du verdict», a-t-il déclaré.

La durée des délibérations - un peu plus de sept jours - n'a par ailleurs pas surpris Me Bouthillier, qui affirme qu'il s'attendait à des délibérations prolongées.

«Il y avait beaucoup de matière à examiner, 11 semaines de témoignages. Manifestement, (les jurés) ont dû travailler avec des questions juridiques fort complexes. J'aimerais saluer le travail des jurés, chacun a fait un travail remarquable», a-t-il dit.

Le juge Guy Cournoyer a également félicité les jurés, applaudissant leur patience, leur travail et le sérieux avec lequel ils se sont consacrés à leur tâche.

Les autres accusations contre Magnotta sont celles d'outrage à un cadavre, de production et distribution de matériel obscène, d'utilisation de la poste pour envoyer du matériel obscène et de harcèlement criminel.

L'homme de 32 ans avait reconnu avoir tué Jun Lin mais espérait être jugé non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux. Des experts avaient en effet expliqué aux jurés que l'accusé se trouvait dans un état psychotique le soir du meurtre et qu'il ne pouvait pas distinguer le bien du mal.

La Couronne avançait pour sa part que le crime avait été planifié et que le comportement et les gestes de Magnotta ne correspondaient pas à ceux normalement associés à une personne en état de psychose.

La tâche du jury était donc de déterminer l'état d'esprit de Magnotta afin de juger si ses gestes étaient intentionnels, planifiés et délibérés.

L'affaire Magnotta a fait les manchettes un peu partout sur la planète en 2012, lorsque l'acteur porno méconnu, qui était très actif en ligne, s'est fait un nom après avoir été lié à un horrible crime dont une vidéo avait été publiée en ligne.

Une enquête avait été déclenchée après la découverte d'un torse humain dans un conteneur à ordures derrière un édifice à logements de Montréal, en mai 2012. Ensuite, des membres humains avaient commencé à faire surface un peu partout au Canada - d'abord dans un bureau politique fédéral à Ottawa et, ensuite, dans deux écoles en Colombie-Britannique.

Alors que l'enquête avançait, les autorités avaient appris que Magnotta avait quitté le pays, ce qui avait déclenché une chasse à l'homme internationale. Interpol avait été impliqué dans l'enquête et Magnotta avait été arrêté sans incident le 4 juin, quelques jours après le meurtre de Lin, dans un café Internet de Berlin.

Il était rentré au Canada quelques semaines plus tard, escorté par plusieurs enquêteurs des crimes majeurs de Montréal, à bord d'un avion du gouvernement du Canada.

Son procès devant un jury bilingue s'est tenu à Montréal dans les derniers mois de 2014.

Pour l'accusation de meurtre prémédité, le jury avait quatre options: reconnaître Magnotta coupable de meurtre prémédité, de meurtre non prémédité ou d'homicide involontaire ou le déclarer non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux.

Le juge avait indiqué aux jurés que s'ils reconnaissaient Magnotta non criminellement responsable, ce verdict devait s'appliquer aux cinq chefs d'accusation. Il leur avait également suggéré de se pencher sur cet enjeu d'abord et avant tout.

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