Les policiers d'Ottawa connaissent la douleur de leurs collègues new-yorkais

Le brûlant souvenir d'Eric Czapnik

M. Czapnik a été poignardé devant l'Hôpital d'Ottawa.... (Etienne Ranger, LeDroit)

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M. Czapnik a été poignardé devant l'Hôpital d'Ottawa. Il se trouvait dans son véhicule de patrouille lorsque le meurtrier a fait irruption, armé d'un couteau, au milieu de la nuit.

Etienne Ranger, LeDroit

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Le meurtre de deux policiers de New York est « absolument » comparable à celui de l'agent Eric Czapnik, mort en service à Ottawa, en 2009. Il y aura cinq ans, le 29 décembre, le policier Czapnik était tué par Kevin Gregson, lui-même un ex-policier de la Gendarmerie royale du Canada.

M. Czapnik a été poignardé devant l'Hôpital d'Ottawa. Il se trouvait dans son véhicule de patrouille lorsque le meurtrier a fait irruption, armé d'un couteau, au milieu de la nuit.

Le président de l'Association des policiers d'Ottawa, Matt Skoff, compare les circonstances entourant le meurtre de son collègue et celles dans lesquelles les policiers new-yorkais Rafael Ramos et Wenjian Liu ont perdu la vie, samedi. « Tous ces policiers ont été attaqués pour une raison : leur uniforme, lance M. Skoff. C'est simple et difficile à réaliser, mais c'est la réalité. Ces policiers ont été tués pour ce qu'ils représentent. C'est la même chose. Absolument. »

Un geste de vengeance

À New York, le meurtrier de 28 ans, Ismaaiyl Brinsley, avait promis sur Instagram de venger la mort de Noirs abattus par des policiers blancs. Brinsley était connu des autorités et avait de sérieux antécédents de violence. Il s'est suicidé dans une station de métro immédiatement après avoir abattu les deux policiers.

À Ottawa, Kevin Gregson a choisi Eric Czapnik par hasard. Pendant son procès, il avait affirmé que le policier qu'il avait tué « était un homme bon ». Avant d'être reconnu coupable de meurtre, il avait dit qu'il voulait prendre l'arme de service de la victime et retourner chez lui pour se suicider. Il avait des antécédents en matière de violence. Il avait déclaré « être bon » pour commettre des gestes violents.

L'uniforme pris pour cible

Matt Skoff rejette l'idée que les récentes attaques contre des militaires ou des policiers, au Canada comme aux États-Unis, soient le résultat de l'effet copycat. Ce terme est défini comme le mimétisme d'une personne reproduisant les gestes d'une autre personne - un terroriste ou un tueur en série, par exemple - rapportés dans les médias.

« Je ne dirais pas cela. La cible, c'est l'uniforme. Et c'est très difficile pour nos membres d'accepter cela. Pour leur famille aussi, c'est difficile », explique le président syndical.

Les employés n'ont pas reçu de mot d'ordre officiel de l'employeur, dans la foulée des récents événements, mais le message de la prudence et de la conscience circule. « C'est le même message depuis (l'attentat du 22 octobre au parlement et au Monument commémoratif de guerre): "Soyez prudents et conscients de ce qui se passe autour de vous." »

Aux États-Unis, les services de police et les syndicats demandent à leurs membres de porter des gilets pare-balles en tout temps et d'éviter d'y aller de commentaires incendiaires sur les réseaux sociaux.

« Chaque fois que la police est particulièrement ciblée, cela suscite des inquiétudes pour la sécurité de nos membres, conclue Matt Skoff. Ce qui n'a pas changé, c'est que la police peut être une profession dangereuse, et les attaques de cette semaine ne font que renforcer ce que nos membres savent déjà. Ce que nous devons faire maintenant est de se concentrer sur la réduction de la rhétorique inflammatoire. »

Avec l'Associated Press

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