La Ville d'Ottawa ciblée par un pirate informatique

Le site ottawa.ca après le piratage de vendredi... (CAPTURE D'ÉCRAN)

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Le site ottawa.ca après le piratage de vendredi soir.

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Le site de la Ville d'Ottawa a été piraté vendredi soir, une attaque informatique possiblement liée au groupe Anonymous.

En début de soirée, le site www.ottawa.ca redirigeait les gens vers une page en noir et blanc affublée d'une banane dansante revendiquant le piratage du site municipal. Le message se terminait avec le mot-clic #opSoaringEagle, qui désigne l'opération sur les médias sociaux.

Il aura fallu un peu moins de 24 heures pour ramener en ligne le site officiel d'Ottawa. La porte-parole de la Ville, Marielle Picher, a tenu à rassurer les citoyens de la capitale: ce piratage devrait être sans conséquence. «Nous pouvons confirmer qu'aucune information sur la Ville ou sur les résidents n'a été compromise en raison de cette violation. Ces problèmes étaient reliés à un fournisseur tiers et sont maintenant résolus.»

Dans un lien communiqué samedi matin sur Twitter, le pirate, qui s'identifie sous le pseudonyme Aerith, brandissait toutefois la menace de nouvelles frappes. «Nous avons déjà piraté le courriel de la police d'Ottawa. [...] Nous vandaliserons leur site Web plus tard, et nous travaillons présentement à nous immiscer dans le site Web de la Cour suprême du Canada.»

Le service de police a démenti avoir été piraté. «Nos opérations se déroulent normalement», a affirmé au Droit le sergent-chef Sam Fawaz. «Nous sommes conscients des menaces émises sur Internet et nous enquêtons sur l'affaire.»

Samedi soir, c'était au tour du site web du Service de police d'Ottawa (SPO) de subir le même sort, tout comme celui de la Cour suprême du Canada. Les deux sites web étaient à nouveau fonctionnels, dimanche matin. De plus, le compte Twitter du pirate a été fermé.

Les revendications du pirate

Dans le texte du pirate - et dans le message placé sur la page vandalisée vendredi -, on pointe du doigt Joel Demore, un détective impliqué dans l'arrestation d'un Ottavien de 16 ans en mai dernier. Le jeune homme fait face à 60 accusations pour avoir faussement alerté de nombreux corps policiers afin de se venger ou de créer une fausse panique, une pratique surnommée «swatting».

Lorsque contacté par LeDroit, le pirate «Aerith» a confirmé que son action est liée à l'affaire.

«La police d'Ottawa ment, manipule, triche et fabrique des preuves. [...] Ils ont récolté de l'information illégalement et ont placé des fichiers sur l'ordinateur de ce garçon. Nous ne pouvons pas accepter ça. [...] Soaring Eagle (le nom donné à l'opération) se poursuivra jusqu'à ce que les accusations soient retirées. D'ici là, nous continuerons de leur faire vivre l'enfer.»

Par ailleurs, selon CBC, le père du jeune accusé affirmait le 12 novembre dernier aux journalistes de la colline parlementaire que son fils était victime de complot et d'intimidation, mais que le détective Demore ne le prenait pas la chose au sérieux. «J'étais au bout du rouleau, puis j'ai reçu un courriel d'Anonymous, le groupe de pirates, qui disait: voici des preuves pour libérer votre fils», avait-il alors affirmé aux médias. «Et les gens qui m'aident m'ont garanti que d'autres arriveront bientôt.»

D'autres attaques possibles

Après avoir largement diffusé son message, samedi, le pirate a affirmé qu'il demeurera silencieux jusqu'à lundi, affirmant du même souffle qu'il s'agira d'«une journée amusante».

Déjà, jeudi, un message signé par le collectif de pirates informatiques Anonymous, publié sur le site Web pastebin.com, indiquait que le Service de police d'Ottawa (SPO) était dans la mire des pirates.

On y affirme également que l'opération a été gardée secrète pendant deux semaines, le temps que de l'information soit récoltée.

«Nous avons piraté les systèmes de justice, avons entendu la police dire qu'ils ont peur de nous, qu'ils ne se brancheraient jamais à un ordinateur que nous leur envoyons. Ça nous est égal, nous avons d'autres moyens d'accéder à votre réseau. Nous avons laissé une empreinte digitale dans vos systèmes internes. Trouvez-la. [...] Ceci n'est qu'une preuve (de nos habiletés).»

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