Un ex-militaire en faveur du retrait de l'uniforme «à court terme»

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L'armée a demandé à ses soldats de porter l'uniforme uniquement au cours d'opérations officielles.

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Un ancien militaire et professeur de l'Université du Québec en Outaouais (UQO) se dit en faveur du retrait «à court terme» des uniformes à l'extérieur des bases des Forces armées canadiennes.

Dave Blackburn, ex-officier devenu professeur au département des sciences sociales au campus de St-Jérôme, croit que cette décision est «sage», mais qu'elle ne doit pas se prolonger indéfiniment. «L'uniforme demeure un symbole qui doit rester.»

M. Blackburn a servi dans les Forces armées à titre d'intervenant en santé mentale, à travers 12 pays. «En Grande-Bretagne ou en Turquie, dit-il, les militaires ne se promènent pas en uniforme en dehors de leurs garnisons.»

L'armée a demandé à ses soldats de porter l'uniforme uniquement au cours d'opérations officielles. Elle veut ainsi éviter que ses soldats servent de cibles, comme l'ont été l'adjudant Patrice Vincent, à Saint-Jean-sur-Richelieu, et le caporal Nathan Cirillo, mercredi, sur la colline du Parlement à Ottawa.

Nathan Cirillo, montait la garde du Cénotaphe avec une arme non chargée, comme c'est toujours le cas pour ce poste honorifique. Le professeur est aussi d'avis que cela doit demeurer ainsi. «Le mandat des soldats, au Canada, n'est pas celui d'être armé. C'est le ressort de la Sécurité publique.»

Les forces de l'ordre, affirme l'ex-militaire, doivent trouver une façon de protéger davantage le monument et sa garde, et tous les passants sur la colline parlementaire. «Je ne crois pas qu'une société ouverte et libre doive armer ses militaires dans son propre pays.»

Et le 11 novembre...

Le jour du Souvenir sera assurément empreint d'une émotion particulière, cette année. C'est exactement au même cénotaphe où s'est produit le drame que le grand rassemblement national a lieu, tous les 11 novembre, pour honorer les sacrifices des soldats.

Ce décès est d'autant plus tragique que le caporal Cirillo et ses frères d'armes effectuaient des pratiques pour la garde d'honneur entourant les activités du 11 novembre. Cette mission est en quelque sorte une récompense pour bons services rendus des soldats, partout au pays. Le soldat de Hamilton avait été sélectionné par son commandant, en guise de félicitations pour son travail remarquable.

«Côté sécurité, lors du 11 novembre, selon M. Blackburn, ça va être essentiel que l'on soit prêts. Je me rappelle que le 7 mai dernier, il y a eu cérémonie sur la colline, en présence du premier ministre et du gouverneur général. N'importe qui aurait pu entrer sur le terrain où se trouvaient des milliers de militaires.»

Revenant sur les événements de mercredi, il croit qu'un groupe «plus ou moins organisé aurait pu faire des choses encore plus graves».

Côté éthique et respect des libertés individuelles, l'ancien officier espère que le Canada ne deviendra pas comme une société «Big Brother» qui vit dans la peur et se sert de caméras à tous les coins de rue pour gérer sa sécurité intérieure. «J'espère qu'on en arrivera pas là.»

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