Vingt jours... et une minute 23 secondes

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Michael Zehaf Bibeau lors de son arrivée au parlement.

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En 20 jours, Michael Zehaf Bibeau est passé d'itinérant à tireur fou. En une minute 23 secondes, il a pu abattre un militaire au Monument commémoratif de guerre et s'engouffrer dans le parlement. L'enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) - et la vidéo qu'elle a présentée en conférence de presse, hier - révèle à quel point la colline parlementaire est «vulnérable» et comment la «radicalisation» est devenue un mot-clé des autorités canadiennes en matière de sécurité intérieure.

Né à Montréal, et résident de Calgary depuis quelque temps, il avait pris la route d'Ottawa le 2 octobre dernier, où il tentait d'obtenir son passeport. Il disait à ses proches qu'il voulait s'envoler vers la terre natale de son père, la Libye, mais en réalité, il prévoyait atterrir en Syrie, selon l'enquête menée par la police fédérale.

«Ses motifs ne sont pas complètement clairs», a expliqué le commissaire de la GRC, Bob Paulson. Ce qui est clair, c'est l'histoire du passeport comme «principale motivation» de sa présence dans la capitale.

«On ne lui a pas refusé son passeport, mais il y avait une enquête pour déterminer s'il devait l'avoir.»

Le bilan exhaustif de l'enquête, rendu hier, a confirmé que l'homme de 32 ans était «quelqu'un de désillusionné qui nourrissait des croyances extrémistes».

Le gouvernement ignorait où se trouvait Michael Zehaf Bibeau. Il ne faisait pas partie des 93 personnes fichées par les autorités fédérales dont le passeport a été retiré, représentant une menace potentielle lors d'un éventuel départ du pays.

Fil des événements

Peu avant 9h52, Zehaf Bibeau est sorti d'une voiture achetée la veille, et a tiré un premier coup de feu en direction des militaires faisant la garde d'honneur au Monument commémoratif de guerre. Il a manqué sa cible une première fois, mais a atteint mortellement le caporal Nathan Cirillo avec la deuxième décharge de sa Winchester .30-30.

On voit ensuite, sur la vidéo des caméras de surveillance, que le tireur court vers le parlement, s'empare d'une limousine ministérielle et se rend à la porte principale de l'édifice du Centre, exactement 1 minute 23 plus tard.

C'est au moment de voler la limousine qu'il a été pris en chasse par les agents de la GRC sur la colline.

«La vidéo nous aide à comprendre la vulnérabilité de la colline (parlementaire)», a commenté le commissaire Paulson.

Le chef de la police d'Ottawa se dit soulagé, malgré le décès tragique du caporal Cirillo, que la folie du tireur n'ait pas fait plus de victimes. «Cela a été rapide. On voit la vulnérabilité des piétons. On est chanceux qu'il n'y ait pas eu d'autres décès.»

Selon le commissaire de la GRC, il faudra retenir des leçons afin d'améliorer de la sécurité sur la colline parlementaire.

La police fédérale a répété que le tireur fou avait agi seul, et que ses gestes n'étaient pas reliés à ceux de Martin Couture Rouleau, celui qui a heurté mortellement l'adjudant Patrice Vincent, à Saint-Jean-sur-Richelieu, lundi dernier. D'ailleurs, la GRC avait tenté de parler à ce dernier, avant qu'il tue le militaire. «C'est la radicalisation qui nous a inquiétés. On avait parlé à lui et (Rouleau) et à sa famille pour l'aider.»

Selon les dirigeants de la police d'Ottawa et de la GRC, la présente semaine marque une «opportunité» pour revoir les lois «pour ceux qui se radicalisent» et qui risquent de mettre la sécurité du pays en danger.

Les deux chefs ont soutenu que de tels gestes sont imprévisibles, malgré tout. Prévoir l'imprévisible est désormais le sort des policiers, aujourd'hui sur la sellette pour la rapidité de leurs actions de mercredi. «Ce sont 400 personnes - services de renseignements, policiers, enquêteurs, services de santéetc. - qui ont été mobilisées», a dit le commissaire Paulson.

Selon la GRC aucune information ne reliait Zehaf-Bibeau à un groupe extrémiste au moment de faire sa demande de passeport.

Zehaf Bibeau a acheté une arme à feu malgré l'interdiction d'un tribunal d'en acquérir ou d'en posséder une, en raison de ses antécédents judiciaires.

ldebacher@ledroit.com

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