«Il y a un morceau de tarte qui nous appartient, nous les francophones. Pourquoi cette pression pour toujours nous en retrancher un bout? La francophonie est une cause à laquelle j'adhère complètement. C'est grâce à elle que j'ai pu écrire mes deux livres», lance Alain Demers.
M. Demers possède près de 20 années de journalisme derrière la cravate, pour l'hebdomadaire Le Carillon à Hawkesbury et pour Le Régional. Et dans son cas, la référence à la cravate se prend au deuxième degré. Le noeud papillon et les beaux vestons ne font pas partie de son quotidien. Alain Demers se présente comme un type près des gens.
«Mon expérience dans la rue pour écrire mon premier livre m'a rendu un journaliste et une personne plus sensible aux autres», confie-t-il.
En 1998, Alain Demers a pris la clé des champs pour faire une traversée de trois mois du Canada pour y vivre comme un sans-abri, laissant derrière lui sa jeune fille de 14 mois et sa conjointe.
Pour pondre son premier ouvrage Dans la rue, le journaliste aura dormi sur les bancs de parc et fait la queue pour manger.
«J'ai compris que la ligne entre un bureau et la rue est mince», en retire-t-il.
Quelques années plus tard, Alain Demers récidive, en cosignant Absurdités canadiennes.
«C'est un ouvrage qui se voulait une tribune pour dénoncer le gaspillage, les abus de pouvoir, les scandales, et les décisions nettement stupides», explique-t-il.
M. Demers entre à l'ACFO avec le sentiment de partager une charge avec des gens aussi passionnés que lui.
«Je me sentais seul à porter mes combats tout au long de ma carrière. Avec l'ACFO, c'est totalement différent. C'est toute une équipe de personnes dévouées qui portent ensemble une cause. On ne peut qu'être motivé dans un contexte comme celui-là», dit-il.
Alain Demers entend reprendre le flambeau avec la fougue et l'énergie qu'il a investies dans sa carrière.
«On peut sortir un gars du journalisme, mais on ne peut pas sortir le journalisme du gars», dit-il.
Avec autant d'intensité, mais avec une approche différente, tempère-t-il.
«Toujours avoir le poing levé, ça ne marche plus ça. À force de crier au loup, plus personne ne vous écoute. Un chien de garde, avec diplomatie, c'est comme cela que j'entrevois la chose. Je suis content de faire partie d'une équipe ne fait pas que dénoncer, mais qui porte des actions pour améliorer la situation», affirme M. Demers.
«Mon premier objectif est de recruter le plus de gens qui, par leurs idées, vont étendre et faire avancer le mouvement de la francophonie», dit-il.
M. Demers succède à Nicole Charbonneau qui a pris sa retraite de l'ACFO de Prescott et Russell le 31 mars dernier, après un passage remarqué de cinq ans au sein de l'organisme.