«Mon passage à l'ACFO a fait éclore une passion que je ne croyais pas avoir. C'est une expérience qui a changé complètement ma manière de vivre. Cette passion en moi qu'a éveillé l'ACFO et sa communauté, je la lègue maintenant à mes pairs», a-t-elle confié.
Au départ, c'était pour trois mois. «Un contrat, comme ça, d'adjointe administrative», se souvient-elle.
Elle y restera pendant cinq ans et les deux pieds bien dedans. Elle ne le dira qu'à demi-mot, mais c'est plutôt un rôle de directrice générale qu'elle a occupé.
«Pour s'investir autant, il faut croire en la cause. Absolument. La présidente Nathalie Ladouceur était la visionnaire et moi, j'étais celle qui mettait le tout en place. Je Me vois comme l'organisatrice, la réalisatrice. On faisait un duo d'enfer», se souvient Nicole Charbonneau, avec nostalgie.
De ses bons coups, Nicole Charbonneau souligne l'organisation d'un premier Sommet de la francophonie dans Prescott et Russell qui se tiendra les 30 et 31 mai prochains, au Campus d'Alfred de l'Université de Guelph.
Nicole Charbonneau a également amené Prescott et Russell à la table d'une grande étude démographique sur l'état des lieux de l'immigration d'expression française dans l'Est ontarien. Le fruit de cette recherche qui a établi que l'immigration anglophone est proportionnellement dix fois plus élevée que celle francophone dans la région de Prescott-Russell, a eu un l'effet d'une douche d'eau froide pour les élus et acteurs culturels locaux.
Avec la nouvelle présidente, Mme Charbonneau aura initié une nouvelle approche pour l'ACFO de Prescott et Russell: celle d'une organisation à la main de fer dans un gant de velours.
«Nous ne portons pas nos gants de boxe en tout temps. Rien ne sert de gueuler à tous moments. Il y a d'autres manières de régler les choses. Cependant, nous tenons la garde toujours haute, nous sommes toujours à l'affût. Je vois l'ACFO comme un chien de garde, mais ce n'est pas une ou deux personnes qui doivent remplir ce rôle, c'est l'ensemble de la communauté franco-ontarienne», croit Nicole Charbonneau.
L'éveil
Arrivé un peu sur le tard diront certains, son engagement au sein de l'Association canadienne-française de l'Ontario de Prescott et Russell s'est avéré une révélation. «J'ai découvert qui j'étais et d'où je venais. J'ai découvert un grand combat que des gens ont mené pour nous. On a notre place et on doit la garder», partage la Franco-ontarienne à la retraite, native de Lefaivre, dans l'Est ontarien.
Si son éveil culturel et personnel s'est affiché avec l'ACFO, il s'était amorcé tout doucement quelques années plus tôt avec l'Écho d'un peuple, le spectacle à grand déploiement sur l'épopée des francophones en Amérique, auquel elle s'est impliquée et s'implique encore à tous les niveaux.
«C'est avec L'Écho d'un peuple que j'ai appris mon histoire franco-ontarienne», dit-elle.