Nicole Fortier, cofondatrice du MIFO

La dame de coeur d'Orléans

Nicole Fortier, l'une des fondatrices du MIFO et... (Samuel Blais-Gauthier, LeDroit)

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Nicole Fortier, l'une des fondatrices du MIFO et celle que l'on appelle la dame de coeur d'Orléans.

Samuel Blais-Gauthier, LeDroit

Nicole Fortier dit avoir grandi au même rythme qu'Orléans, son village natal. « Il y a eu l'enfance, la croissance puis l'épanouissement... Chacune des étapes de ma vie a correspondu à un nouveau stade pour Orléans. Nous grandissions ensemble. À la seule différence qu'Orléans, lui, est encore bien loin de la retraite », dit-elle à la blague.

L'analogie témoigne de l'attachement de la Franco-ontarienne pour son jardin d'enfance. Il lui aura fallu « s'éloigner » moins de deux ans vers Ottawa dans les années 70 pour attiser ce lien avec sa communauté.

« En revenant, j'ai constaté avec étonnement que le village que j'ai connu n'était plus. Un seul coup d'oeil suffisait pour comprendre que ce qui nous était acquis, les francophones, s'effritait peu à peu. Le décor linguistique avait changé à un tel point que j'ai dit Wow ! on va perdre notre place », se souvient encore Nicole Fortier.

Ce choc aura été la bougie d'allumage d'un projet culturel qui est devenu aujourd'hui institution à Orléans : le Mouvement d'implication francophone d'Orléans, ou plus simplement le MIFO.

Nicole Fortier est l'une des cofondatrices et ancienne présidente du MIFO d'Orléans.

« Au départ, c'était un outil pour préserver la francophonie à Orléans. Aujourd'hui, le MIFO se passe de présentation. C'est comme si je récoltais ce que j'ai semé. C'est comme un cadeau », dit-elle.

Du MIFO à Orléans, Mme Fortier en est venue à faire la promotion du français d'un océan à l'autre du Canada. Son parcours d'enseignante de français lui ouvre la porte de la fonction publique fédérale ou elle prend du galon jusqu'à entrer au Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada. Elle y occupera le poste de directrice de la mise en oeuvre de la Loi sur les langues officielles auprès des 200 institutions.

« J'ai été fascinée de découvrir les différentes communautés francophones du Canada. Les francophones sont enracinés d'un bout à l'autre du Canada vous savez. C'est là que j'ai compris que le combat en valait le coup », raconte Nicole Fortier.

Débarquer dans un milieu majoritairement anglophone avec en main une Loi sur les langues officielles ne s'est pas toujours avéré un simple défi, concède Mme Fortier.

« Pour certains je n'étais pas bien vue et je crois que c'est normal. Il fallait amener les gens à comprendre la loi sur les langues officielles, même si au départ ils étaient agressifs face à cette loi », raconte-t-elle.

Et pour ça, Mme Fortier avait une approche bien à elle.

« Je crois qu'il est important d'avoir une politique de dualité linguistique encadrée par une loi au Canada, ne serait-ce que pour rendre les interventions des minorités légitimes. Mais je ne crois pas qu'il faille entrer dans les différents milieux visés avec de gros sabots. Je crois qu'il faut amener les gens à trouver ce que la francophonie peut leur apporter. Que tu sois entrepreneur, artiste ou peu importe, tous peuvent y trouver leur compte », croit Nicole Fortier.

Plus de détails dans l'édition du 3 février ou sur ledroitsurmonordi.ca

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