Le député sortant et candidat libéral dans Ottawa-Vanier croit que la crise qui secoue le Réseau de développement économique et d'employabilité (RDÉE) Canada est désastreuse.
« On voit une danse qui n'est pas très élégante. Il y a une sorte de jeu de pouvoirs qui se joue entre le ministère (de Ressources humaines et Développement des compétences) et RDÉE Canada. L'organisme est sur le bord de la mort. Ils sont en train de le tuer », s'indigne Mauril Bélanger, qui a participé à la création du réseau national en 1998.
Il affirme que la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences, Diane Finley, est au courant de la situation, mais a choisi de ne rien faire. « M. Harper a beau commencer ses discours en français, la volonté politique d'affirmer la dualité linguistique partout au pays ne suit pas », ajoute-t-il. Mauril Bélanger cite les exemples d'Air Canada, l'abolition du programme de contestation judiciaire et les consultations « sur invitation et à huis clos » qui ont mené à la nouvelle Feuille de route pour la dualité linguistique.
Selon lui, Ressources humaines et Développement des compétences Canada se sert d'une crise de gouvernance à l'intérieur du réseau pour « étrangler et enlever les vivres à RDÉE Canada ».
Rappelons que depuis le 31 mars dernier, cet organisme national voit son financement approuvé au compte-gouttes, d'une semaine à l'autre.
« Il y a une volonté de la part de l'appareil administratif d'étouffer [l'organisme], dit-il, mais il n'y a pas de volonté politique d'intervenir ». Et le plus regrettable dans cette histoire, poursuit-il, c'est que RDÉE Canada « a eu de bons résultats ». « J'étais là quand on l'a créé en 1998. On a mis sur pied un organisme qui aiderait au développement économique des communautés en milieu minoritaire. C'est essentiel à la vitalité de nos communautés. »
Plaintes à Graham Fraser
Par ailleurs, au moins deux plaintes ont été acheminées au Commissariat aux langues officielles, a appris LeDroit. Et d'autres pourraient suivre dans un avenir rapproché. Le commissaire Graham Fraser et son équipe ont ouvert une enquête.
Dans l'une des plaintes, dont LeDroit a obtenu copie, on dénonce les agissements des fonctionnaires au ministère des Ressources humaines. Le Ministère « a agi en opposition complète à ses obligations linguistiques, en affaiblissant et en détruisant RDÉE Canada, peut-on y lire. Ses actions, au cours des dernières années, incluent mais ne se limitent pas à des menaces implicites et explicites, de l'ingérence dans l'administration interne, la gestion et la gouvernance du RDÉE Canada [...], de l'intimidation, des représailles, de l'animation active visant à nourrir des perceptions destructives ».
En attendant l'étude de ces plaintes, un groupe mené par d'anciens membres du RDÉE Canada s'organise et gagne des appuis dans la communauté francophone afin d'assurer la survie de l'organisme.