Dans une lettre datée du 17 février, le ministre des Affaires étrangères et député de Pontiac, Lawrence Cannon, a sollicité l'appui du chef libéral, Michael Ignatieff, pour nommer Katrine Giroux au conseil d'administration de l'organisme voué à la défense des droits de la personne dans le monde.
Une semaine plus tard, M. Ignatieff a répondu au ministre qu'il ne pouvait pas appuyer sa proposition, puisqu'il n'était « pas clair », à ses yeux, que l'expérience professionnelle Mme Giroux la qualifiait pour le poste. Le chef libéral a souligné que plusieurs anciens administrateurs de Droits et démocratie étaient des experts des questions internationales.
Interrogé hier à Dieppe, au Nouveau-Brunswick, après une conférence de presse de M. Harper, M. Lord a d'abord soutenu qu'il n'était pas au courant de la démarche du ministre Cannon, mais que sa nièce « serait un excellent choix » pour le poste.
Quelques minutes plus tard, l'ancien premier ministre conservateur du Nouveau-Brunswick a toutefois reconnu qu'un membre du conseil d'administration de Droits et démocratie l'avait contacté l'an dernier pour lui demander s'il avait une candidature à proposer pour le poste. Il avait alors donné le nom de Katrine Giroux, qui est sa nièce par alliance.
Compte tenu de l'opposition des libéraux, les conservateurs ont abandonné l'idée de nommer Mme Giroux au conseil de l'organisme.
Katrine Giroux détient un baccalauréat en droit de l'Université McGill et une maîtrise en droit de l'Université Dalhousie. Elle est avocate au Nouveau-Brunswick.
Il a été impossible de joindre Mme Giroux hier, celle-ci se trouvant à l'extérieur du pays, selon son bureau.
L'actuel président de Droits et démocratie est Gérard Latulippe, un ancien candidat de l'Alliance canadienne qui possède de l'expérience en affaires internationales.
Un organisme sous tension
L'organisme indépendant, établi à Montréal, a fait l'objet de vives tensions internes au cours des derniers mois. L'opposition a accusé les conservateurs de transformer Droits et démocratie en une entité farouchement pro-israélienne et dogmatique. L'organisme a notamment cessé de subventionner des groupes de défense des droits de la personne du Moyen-Orient.
Le comité des affaires étrangères s'est penché sur Droits et démocratie en mars 2010, après la mort subite de son ancien président, Rémi Beauregard. Ce dernier a subi une crise cardiaque après une réunion mouvementée du conseil d'administration de l'organisme, en janvier 2010.