Les curds de retour à Saint-Albert

Deux ans après le désastre, Saint-Albert ne porte... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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Deux ans après le désastre, Saint-Albert ne porte déjà plus les cicatrices de l'incendie de sa fameuse fromagerie.

Étienne Ranger, Archives LeDroit

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Deux ans se sont écoulés depuis l'incendie qui a dévasté la fromagerie St-Albert et la communauté n'en porte déjà plus les cicatrices. Les machines de la nouvelle usine fonctionnent à plein régime, les camions de marchandises s'activent à nouveau dans les rues du village et les résidents viennent y faire leurs courses, comme dans le temps.

L'ouverture officielle de la nouvelle usine aura d'ailleurs lieu demain.

Un sac rempli de curds et une brique de cheddar à la main, Normand Laflèche reprend ses vieilles habitudes.

«Je viens acheter mon fromage ici une fois par semaine, dit-il. La fromagerie nous a manqué et son fromage aussi. Ce n'était pas pareil. Mais j'ai toujours eu confiance. Je savais que notre fromagerie allait être reconstruite rapidement», raconte le résident de Saint-Albert.

Le matin du 3 février 2013, un incendie s'est déclaré dans la fromagerie, mettant une centaine d'employés sur le carreau.

Silencieux, les gens du village ont regardé la fromagerie, fierté régionale, brûler sous leurs yeux, dans un froid glacial.

Résidente de Saint-Albert depuis plus de 55 ans, Jeannine Savage habite à quelques mètres à peine de la fromagerie. Elle a assisté au triste spectacle, ce matin-là.

«Je l'ai vu de près. Ç'a fait mal», raconte-t-elle.

Mais si elle a regardé la fromagerie s'envoler en fumée, elle l'a aussi vu renaître de ses cendres, un jour à la fois, par la grande fenêtre de son salon.

«Juste après l'incendie, les week-ends, c'était mort ici. Maintenant, les voitures roulent comme jamais. Il y a des gens de partout qui viennent et c'est beau de voir cela. Même que c'est encore plus occupé qu'avant. Ça met de la vie dans le village. S'il n'y avait pas la fromagerie, à Saint-Albert, il n'y aurait rien», croit Jeannine Savage.

Pour les employés aussi, c'est un retour à la normale.

Josée Deslauriers et son conjoint Steve Pelletier travaillent tous les deux à la fromagerie. Le couple a été séparé le temps de la reconstruction, puisque Steve Pelletier s'est porté volontaire pour assurer la production de fromage St-Albert dans une des installations temporaires basées à Sorel, au Québec. Il devait quitter la région plusieurs jours par semaine.

«Je sens que les gens sont vraiment contents d'avoir retrouvé leur fromagerie, lance Josée Deslauriers. Et ils sont contents pour nous, les employés, aussi. Ça se sent. Il y a du positif qui se dégage.»

C'est tout le village qui semble respirer mieux. Même au magasin général, la routine s'est réinstallée. La propriétaire, Ginette Bourgon, fidèle au poste derrière son comptoir, offre toujours le café à ses clients réguliers par temps froid. «Les gens sont contents, dit-elle. Il y a beaucoup d'employés ici qui vivaient dans l'incertitude. Ils ont maintenant retrouvé leur emploi à temps plein et ça se ressent dans le moral des gens. [...] On sent que ça redécolle à Saint-Albert.»

sbgauthier@ledroit.com

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