«La crise est à nos portes» dans l'industrie forestière

Il est minuit moins cinq dans l'épineux dossier du bois d'oeuvre qui oppose le... (Archives, La Presse)

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Il est minuit moins cinq dans l'épineux dossier du bois d'oeuvre qui oppose le Canada aux États-Unis, selon le syndicat Unifor, dont la tournée des régions s'arrêtait à Gatineau jeudi. Et les mesures annoncées dans le budget fédéral la veille n'ont rien fait pour rassurer les milliers de travailleurs de l'industrie forestière, bien au contraire.

Venu rencontrer plusieurs membres et dirigeants des sections locales de l'Outaouais, le directeur d'Unifor au Québec, Renaud Gagné, a tenu à dire qu'à la suite d'un récent entretien qu'il a obtenu avec le sous-ministre adjoint de Ressources naturelles, Glenn Mason, tout indique que des droits de douane pouvant atteindre 40 % risquent d'être imposés dès le 24 avril sur les exportations canadiennes destinées au sud de la frontière.

Si aucun accord commercial n'est conclu entre les deux pays et que l'administration Trump va de l'avant avec une telle mesure, des milliers d'emplois seront en jeu, soutient Unifor. Le gouvernement Trudeau « tarde à agir et ne semble pas comprendre l'urgence et la gravité de la situation », prétend le syndicat qui représente 310 000 travailleurs d'un océan à l'autre.

Au fil des dernières semaines, une quarantaine de députés fédéraux de tous les partis politiques ont été rencontrés par l'organisation syndicale afin de les sensibiliser à la question, dont Will Amos, du Pontiac.

« On veut convaincre les députés et ministres de l'urgence d'agir. On revendique depuis des mois des mesures pour aider les entreprises et des programmes spéciaux pour les travailleurs, car on sait qu'on va être touchés de plein fouet. Mais malheureusement il n'y avait rien de ça dans le budget », a-t-il déclaré, rappelant que la crise de 2008 avait déjà fait très mal à l'Outaouais, les fermetures d'usines s'étant multipliées.

M. Gagné a également cité l'exemple de l'usine Résolu de Gatineau, dont le coût de redémarrage il y a quatre ans a avoisiné les 80 millions $.

« Si on avait supporté l'industrie à l'époque, peut-être qu'on n'en serait pas là aujourd'hui. Peut-être qu'on aurait transformé l'usine pour qu'elle produise du carton, qui est en croissance partout dans le monde parce que les gens font des achats via Internet et les emballages des produits sont en carton. Mais là, on fait du papier journal. Pour combien de temps encore ? Ça reste à voir », s'est-il exclamé.

Préoccupations et lueur d'espoir

Pour Rémi Landry, vice-président de la section locale 142 du syndicat Unifor à l'usine Résolu de Gatineau, il ne faudrait pas se surprendre que la région subisse des contrecoups dans les mois à venir si rien ne change. 

« Le bois d'oeuvre va peser dans la balance pour Résolu à Gatineau même si on ne prend pas tous nos copeaux au même endroit. Sauf que ça va sûrement affecter l'usine si ça touche celle de Maniwaki et les autres usines de sciage. Notre produit vient de là, alors si on n'en a pas de là, nous n'en aurons pas d'ailleurs. [...] Je suis un peu déçu du budget, le gouvernement aurait dû mettre plus d'emphase là-dessus pour nous aider, il y a beaucoup d'emplois qui sont reliés à la foresterie. On n'en a pas entendu parler, tout ce qu'il veut, ce sont les infrastructures », affirme le mécanicien industriel, ajoutant que personne n'est à l'abri d'une fermeture du jour au lendemain. 

Malgré tout, les installations gatinoises, qui emploient un peu plus d'une centaine de personnes, fonctionnent à pleine capacité. De quoi donner un relatif bon espoir pour l'avenir, selon lui. 

« Si on pouvait faire plus de papier, on en vendrait encore plus, car il est de très bonne qualité. C'est ce qui fait notre renommée et c'est probablement ça qui va nous tenir dans le marché aussi », de dire M. Landry.




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