La réduction de la taxe sur l'essence fait mal à la Petite-Nation

Michel Lalonde, propriétaire de la Station M. Lalonde à... (Benoit Sabourin, LeDroit)

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Michel Lalonde, propriétaire de la Station M. Lalonde à Chénéville, et Daniel Sabourin, propriétaire de la Sation Daniel à Ripon, ont été touchés par la réduction de la taxe sur l'essence.

Benoit Sabourin, LeDroit

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La réduction de la taxe sur l'essence pour les régions frontalières ne fait pas que des heureux en Outaouais. En milieu rural, notamment dans la Petite-Nation, des propriétaires de stations-service indépendants soutiennent avoir de la difficulté à joindre les deux bouts depuis l'entrée en vigueur, le 1er avril dernier, de la nouvelle mesure du gouvernement Couillard visant à encourager la compétitivité des détaillants près des frontières avec l'Ontario.

Depuis le 1er avril, les réductions de taxes pour les détaillants d'essence aux abords des frontières ont doublé, si bien que ceux ayant pignon sur rue à moins de cinq kilomètres de l'Ontario ont réduit leur taux de taxes de huit sous le litre. Pour leur part, les stations-service localisées entre 15 et 20 kilomètres de la frontière offrent un rabais de deux sous.

Or, dans la Petite-Nation, des propriétaires de stations-service mangent leur pain noir. Quatre des neuf postes de pompage de la région de Papineau n'ont accès à aucune réduction en raison de leur localisation géographique. C'est le cas de Michel Lalonde, propriétaire de la Station M. Lalonde, à Chénéville.

M. Lalonde affirme avoir enregistré une baisse de clientèle de 30%. Les automobilistes qui font le plein à son commerce se font de plus en plus rares. Il confie avoir perdu pour 150000 litres de ventes en l'espace d'à peine un mois et demi. Il a également dû réduire la taille de son personnel qui est passé de neuf à cinq employés. La pérennité de son commerce est en péril, dit-il.

«Quand tu as une différence de six ou huit sous avec Gatineau, c'est sûr que les gens qui s'en vont vers la ville vont gazer là, ils ne sont pas fous. Si les gens ne mettent pas d'essence chez vous, ils n'achètent pas dans le dépanneur. L'essence, c'est 80% de notre achalandage. Si on devient des stations-service pour tondeuses, on va devoir fermer», affirme ce gestionnaire, qui compte une trentaine d'années d'expérience dans le domaine.

Daniel Sabourin, propriétaire de la Sation Daniel, à Ripon, vit la même situation que son homologue. Il a dû éliminer un poste depuis le 1er avril. «Nous, ce qu'on demande, c'est au moins qu'on nous respecte dans la Petite-Nation et que nous ayons le droit au rabais de deux sous. Déjà que l'autoroute 50 nous a fait mal, il y a ça en plus», dit-il.

Une pétition à venir

Les deux hommes ont récemment rencontré le député de Papineau, Alexandre Iracà, pour lui faire part de leur problématique. Ils affirment ne pas avoir pas eu de réponses à leurs questions, mais envisagent de lancer une pétition à l'échelle du Québec pour réclamer des modifications au règlement.

Le député de Papineau n'était pas disponible pour une entrevue avec LeDroit, hier, a fait savoir son attaché de presse.

La préfète de la MRC Papineau, Paulette Lalande, indique pour sa part suivre le dossier de près depuis le début avril. Elle compte d'ailleurs soumettre une résolution au conseil des maires, mercredi soir prochain, afin que les 24 municipalités de son territoire appuient un projet pour forcer le gouvernement à revoir la règlementation.

«Le gouvernement doit modifier la loi pour qu'il n'y ait pas un écart aussi grand dans un secteur. C'est toute notre région qui en train de crever au niveau de l'essence et je n'ai pas l'intention de laisser ça aller. L'essence, c'est un service essentiel», a-t-elle commenté.

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