Triste fin pour Camp de Base

Les clients qui ont récemment tenté de visiter... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Les clients qui ont récemment tenté de visiter la boutique Camp de Base ont eu droit à une mauvaise surprise, se butant à des portes closes sur lesquelles ont été apposées des affiches du syndic de faillite.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Après 21 ans d'opération, un magasin gatinois prisé par les amateurs de plein air de la région - et dont la réputation n'était certes plus à faire - vient de faire faillite. Au grand dam de ses deux copropriétaires, Camp de Base, qui avait pignon sur rue sur le boulevard Saint-Joseph, a fermé ses portes pour de bon ces derniers jours.

Les clients qui ont récemment tenté de s'y rendre ont eu droit à une mauvaise surprise, se butant à des portes closes sur lesquelles ont été apposées des affiches du syndic de faillite.

Au total, une quinzaine de personnes ont perdu leur emploi.

Interrogé par LeDroit, l'un des deux copropriétaires et fondateur de l'entreprise, Alain Matte, n'a pas caché que la pilule était difficile à avaler. Dévasté par la tournure des événements, il ajoute que lui et son partenaire d'affaires Nicholas Raby ont eu espoir jusqu'à la dernière minute que le vent tourne.

Même les changements effectués au fil des dernières années n'ont pas suffi pour rivaliser avec les grandes chaînes de magasins oeuvrant dans le même créneau, comme SAIL et Atmosphère. La compétition était devenue si féroce que les ventes de la boutique fondée en 1994 se sont érodées.

«C'était devenu très difficile depuis trois ans, nous avons tenté de trouver des nouveaux marchés avec le yoga et l'athlétique il y a deux ans, mais sans succès. L'an passé, à pareille date, nous avions décidé de prendre la direction du ski alpin, un marché qui semblait intéressant compte tenu de la fermeture du magasin Tommy & Lefebvre (secteur Gatineau). Et cette année, le début d'hiver est pénible et sans neige», affirme l'homme d'affaires.

La faiblesse de l'économie locale et la popularité grandissante du commerce en ligne ont porté un dur coup aux affaires de la boutique. «Même nos propres fournisseurs étaient maintenant nos concurrents avec la vente en ligne. Nous avions des produits de niche qui se retrouvent maintenant dans tous les grands magasins, y compris Costco!» se désole Alain Matte.

Il soutient qu'une relance en affaires est envisageable pour lui, mais qu'il est prématuré de parler de quoi que ce soit.

Ralentissement marqué

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Antoine Normand, se désole du triste sort réservé à ce magasin.

Il affirme que même s'il n'y a pas lieu de qualifier le tout de vague de fermetures, un ralentissement marqué est observé depuis deux ou trois ans en raison de la précarité économique, entre autres avec les abolitions de postes à la fonction publique fédérale.

«C'est toujours dommage de voir un commerce local disparaître de cette façon. [...] Il y a la concurrence accrue des grandes chaînes de magasins, mais aussi le fait que la baisse de l'activité économique est importante surtout pour les dépenses pour des biens de plus forte valeur», indique-t-il, précisant que les loisirs et les sorties sont les premières dépenses qui écopent en période d'incertitude économique.

Dleblanc@ledroit.com

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