Les fruits et légumes font gonfler l'inflation

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Selon le rapport de Statistique Canada, les prix des fruits frais ont augmenté de 13,2% le mois dernier.

David Boily, La Presse

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Andy Blatchford
La Presse Canadienne

Alimentée par la hausse des prix pour les fruits et légumes frais, l'inflation annuelle du Canada a accéléré le mois dernier à 1,6%, a indiqué vendredi Statistique Canada.

La cadence annuelle de l'inflation a été en décembre la plus rapide depuis la fin 2014. Elle s'était établie à 1,4% en novembre, selon l'agence fédérale.

L'économie du pays doit composer avec l'impact du plongeon des prix des matières premières - celui du pétrole en particulier - ce qui a aussi fait reculer la valeur de la devise canadienne. Or, la faiblesse du dollar canadien fait grimper les prix des biens importés.

Selon le rapport de Statistique Canada, les prix des fruits frais ont augmenté de 13,2% le mois dernier, par rapport au même mois en 2014, tandis que ceux des légumes frais ont avancé de 13,3%.

Le prix de la laitue a notamment bondi de 21,8%.

Dans l'ensemble, les consommateurs ont déboursé 3,7% de plus pour les aliments le mois dernier qu'un an plus tôt.

En plus des hausses de prix de ces produits, les Canadiens ont aussi dû payer considérablement plus pour leur logement, l'assurance hypothécaire, les véhicules automobiles et l'électricité par rapport à 12 mois plus tôt.

La diminution des prix de l'essence, du gaz naturel et du fioul ont exercé une pression à la baisse sur l'inflation.

Les prix de l'essence ont reculé de 4,8% par rapport à décembre 2014, tandis que ceux du gaz naturel ont échappé 12,9% et deux du fioul, 16,8%.

Mais la glissade des prix de l'énergie a quelque peu ralenti, ce qui a permis à l'inflation d'ensemble de grimper, a observé Dawn Desjardins, économiste en chef adjointe à la Banque Royale.

«Nous savions tous qu'il y aurait ce poids énorme sur le taux d'ensemble en raison de l'énergie, et maintenant nous observons une certaine pause à cet égard», a expliqué Mme Desjardins.

«Cela se déroule comme prévu, si on veut, par rapport à ce que les prévisionnistes attendaient.»

Pour aider à expliquer cet effet modérateur sur l'inflation, certains analystes ont aussi évoqué le déclin mensuel marqué des prix des vêtements et des chaussures, qui ont cédé 5,2% de novembre à décembre.

Mais pour la suite des choses, Matthieu Arseneau, économiste principal à la Banque Nationale, s'attend à ce que les consommateurs continuent d'être confrontés à des hausses de prix pour les biens importés dans plusieurs catégories de produits.

«Malgré la faiblesse des prix de l'énergie, nous ne nous attendons pas à ce que les consommateurs canadiens obtiennent un sursis parce que le plongeon du dollar canadien devrait représenter un contrepoids significatif», a écrit M. Arseneau dans une note à ses clients.

Statistique Canada a observé une hausse des prix à la consommation dans chacune des provinces canadiennes le mois dernier par rapport à l'année précédente, et le gain le plus important était celui de la Colombie-Britannique.

L'inflation de base, qui exclut certains éléments dont les prix sont plus volatils comme l'essence et les fruits et légumes frais, s'est établie à 1,9% en décembre, glissant sous la barre des 2% pour la première fois depuis juillet 2014. L'inflation de base est suivie de près par la Banque du Canada.

Statistique Canada a en outre dévoilé son bilan annuel pour 2015, qui montre une inflation moyenne de 1,1% au pays.

Pour l'inflation de base, cette moyenne a atteint 2,2% l'an dernier, ce qui était son plus haut niveau pour une année complète depuis 2003.

Croissance des ventes au détail

Par ailleurs, l'agence fédérale a dévoilé vendredi des données prometteuses pour l'économie: les ventes au détail ont progressé de 1,7% en novembre par rapport au mois précédent.

Cette augmentation est survenue pendant un mois marqué par les promotions du «Vendredi fou» et par une croissance des ventes de véhicules automobiles neufs chez les concessionnaires. Ces deux éléments ont aidé le total des ventes à grimper jusqu'à 44,3 milliards $.

En comparaison, les ventes au détail n'avaient progressé que de 0,1% en octobre et s'étaient contractées de 0,3% en septembre.

«Nous avons vu une économie qui traînait, en quelque sorte, en septembre et en octobre», a estimé Mme Desjardins avant de rappeler que d'autres chiffres publiés au sujet du mois de novembre avaient été positifs, comme ceux sur les ventes des fabricants et ceux sur les ventes des grossistes.

«Je crois qu'il est très encourageant de voir une telle croissance de l'activité.»

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