Volkswagen a triché 11 millions de fois

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Volkswagen n'a toujours pas expliqué qui a installé le logiciel controversé, sous la direction de qui, et pour quelle raison.

Odd Andersen, Agence France-Presse

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Geir Moulson, Pan Pylas
Associated Press
BERLIN

La crise qui éclabousse le constructeur automobile Volkswagen a pris une nouvelle ampleur mardi, lorsque la compagnie a lancé un avertissement sur ses résultats en admettant que 11 millions de ses véhicules diesel étaient équipés du logiciel antipollution au coeur d'un scandale aux États-Unis.

Le chef de la direction du constructeur automobile allemand a pour sa part affirmé qu'il était «infiniment désolé» d'avoir trahi la confiance du monde entier envers sa marque.

Volkswagen a annoncé par voie de communiqué qu'il mettait de côté environ 6,5 milliards d'euros (7,3 milliards $US) en réaction à ce scandale qui met à mal sa réputation et malmène son action en Bourse.

Le grand patron de Volkswagen, Martin Winterkorn, s'est excusé pour la duperie et s'est engagé à mener rapidement une enquête en profondeur, sans donner d'indication pouvant laisser présager son éventuelle démission.

«Des millions de personnes à travers le monde font confiance à nos marques, nos automobiles et nos technologies», a déclaré mardi M. Winterkorn dans un message vidéo. «Je suis infiniment désolé d'avoir trahi cette confiance. Je m'excuse à tous points de vue auprès de nos consommateurs, des autorités et de tout le public pour ces mauvaises actions.»

«Nous vous demandons, je vous demande, de nous faire confiance pour la suite des choses», a-t-il dit. «Nous allons arranger cela.»

Volkswagen n'a toujours pas expliqué qui a installé le logiciel controversé, sous la direction de qui, et pour quelle raison.

«Pour ma part, je n'ai pas les réponses à toutes les questions, mais nous sommes en train de clarifier le contexte, sans relâche.»

Le titre de Volkswagen s'est effondré mardi de 16,8% pour clôturer à 111,20 euros. L'action de Volkswagen avait déjà perdu 17% lundi.

Un scandale sans précédent

Le scandale a éclaté vendredi, lorsque l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) a accusé Volkswagen d'avoir truqué les tests d'émissions américains d'environ 500 000 automobiles diesel. Le constructeur a ensuite admis sa faute.

En bref, Volkswagen est accusé d'avoir contourné la loi américaine sur la pollution aérienne. L'EPA affirme que Volkswagen a utilisé un programme qui détecte le moment où les véhicules sont soumis à un test officiel sur les émissions de gaz polluants. Par la suite, le logiciel désactive les contrôles d'émissions pour l'utilisation normale des véhicules, ce qui leur donne plus de puissance mais les voit aussi émettre 40 fois plus de polluants que la limite légalement permise.

Le communiqué diffusé mardi par Volkswagen révèle que le scandale touche quelque 11 millions de véhicules vendus à travers le monde.

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Le grand patron de Volkswagen, Martin Winterkorn, s'est excusé pour la duperie, sans donner d'indication pouvant laisser présager son éventuelle démission.

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«Soyons bien clairs. Notre entreprise a été malhonnête. Avec l'EPA, avec le California Air Resources Board, et avec vous tous. [...] Nous avons complètement raté notre coup», a observé le patron de la division américaine de Volkswagen, Michael Horn, alors qu'il dévoilait un nouveau modèle de Passat à New York.

«Nous devons réparer ces automobiles pour empêcher que cela ne se produise de nouveau, et nous devons corriger la situation. Avec le gouvernement, le public, nos consommateurs, nos employés et, de façon très importante, avec nos concessionnaires.»

L'EPA a ordonné à Volkswagen de corriger les automobiles à ses propres frais, tout en précisant que les propriétaires de ces véhicules n'avaient pas à agir immédiatement. L'agence assure que les violations du constructeur automobile ne posent pas de risque de sécurité et qu'il est toujours légal de conduire et de vendre les véhicules en attendant que Volkswagen présente un programme de rappel pour les réparer.

Cependant, a ajouté l'EPA, les véhicules représentent un risque pour la santé publique.

L'agence a aussi donné une idée de l'ampleur des amendes qui pourraient être imposées à Volkswagen. Le constructeur pourrait devoir débourser jusqu'à 37 500 $ US par véhicule - pour un total de plus de 18 milliards $ US.

De son côté, le ministre allemand du Transport, Alexander Dobrindt, a indiqué qu'il préparait une commission d'enquête pour déterminer si les véhicules diesel de VW avaient été construits et inspectés en conformité avec les règles allemandes et européennes.

La Corée du Sud a elle aussi annoncé l'ouverture d'une enquête et prévenu que Volkswagen pourrait écoper d'une amende de 3,4 milliards $ US. La France réclame de son côté une enquête à travers l'Europe sur les pratiques de Volkswagen et sur celles des constructeurs automobiles français.

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