Une firme transfrontalière au coeur du conflit

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Selon le président de Twin Rivers, Ken Winterhalter, les droits récemment imposés par les États-Unis - qui totalisent près de 27 % - vont faire grimper de façon importante le coût des copeaux de bois et de la biomasse, ce qui menace plusieurs emplois au Canada et aux États-Unis.

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(Montréal) Le conflit canado-américain sur le commerce du bois d'oeuvre place un producteur américain dans une position singulière, ses activités étant partagées des deux côtés de la frontière.

Même si son siège social se trouve au Maine, une grande partie des activités de Twin Rivers Paper a lieu dans ses installations au Nouveau-Brunswick. Ses usines intégrées de pâte et papier sont reliées par des canalisations qui traversent le fleuve Saint-Jean.

Une de ces canalisations transporte la pâte d'Edmundston, au Nouveau-Brunswick, jusqu'à l'usine de papier, tandis qu'une autre déplace la vapeur entre les installations. Les copeaux de bois et la biomasse des scieries canadiennes aident à générer la vapeur utilisée pour fabriquer la pâte.

Selon le président de Twin Rivers, Ken Winterhalter, les droits récemment imposés par les États-Unis - qui totalisent près de 27 % - vont faire grimper de façon importante le coût des copeaux de bois et de la biomasse, ce qui menace plusieurs emplois dans les deux pays.

« Des coûts plus élevés ont le potentiel de détruire la viabilité financière de l'usine de papier de Madawaska et d'éliminer des milliers d'emplois dans le nord du Maine », a-t-il écrit dans une lettre au secrétaire américain du Commerce, Wilbur Ross.

Twin Rivers est un important employeur pour la ville d'Edmundston, au Nouveau-Brunswick. Elle est aussi la plus grande entreprise de Madawaska, au Maine, dont la population n'est composée que de 4000 personnes.

Lors d'un entretien avec La Presse canadienne, le maire d'Edmundston, Cyrille Simard, a indiqué que les deux villes étaient liées de près en raison des usines. Certains employés traversent la frontière quotidiennement pour se rendre au boulot.

« La communauté est très préoccupée parce que ceci pourrait avoir un impact, et l'importance du secteur de la foresterie est immense. »

M. Simard s'est réjoui du fait que le Nouveau-Brunswick ait pu compter sur l'appui du gouverneur du Maine, Paul LePage, lorsqu'il a demandé au gouvernement américain d'exclure la province des droits sur le bois d'oeuvre, comme c'est le cas depuis trois décennies.

Le gouverneur républicain a exhorté l'administration américaine à ne pas perturber le commerce de bois d'oeuvre entre le Maine et les provinces du Québec et du Nouveau-Brunswick, faisant valoir que cela nuirait à de bons emplois.

« Comme nous aimons le dire au Maine : si ce n'est pas brisé, ne le réparez pas », a écrit le gouverneur, plus tôt en juin, dans une lettre au secrétaire Ross.

Comme le président américain Donald Trump, M. LePage a la réputation de faire des déclarations controversées qui lui valent une bonne part de critiques.

« Je sais comment (M. LePage) a l'habitude de fonctionner et peut-être que c'est le genre de langage que certaines personnes à la Maison-Blanche comprendront mieux », a estimé M. Simard.

Le Nouveau-Brunswick veut être traité de la même façon que toutes les autres provinces atlantiques - M. Ross a indiqué, plus tôt cette semaine, que celles-ci seraient probablement exemptées des droits lorsque la décision finale à leur sujet sera prise cet été.

Le directeur général de Twin Rivers, Gilbert Carre, affirme que la société n'est pas à la retraite d'un traitement spécial.

« Nous demandons simplement d'être traités de la même façon que nous avons été traités par le passé et d'être complètement exemptés. »

Selon le président de la Chambre de commerce d'Edmundston, Luc Michaud, les entreprises s'attaquent aux difficultés sans sourciller notamment parce que l'industrie des pâtes et papiers, notamment Twin Rivers, a déjà été confrontée à des mises à pied ou des faillites ces 25 dernières années.




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