Salaire minimum : la FTQ veut que Couillard imite l'Ontario, pas la FCEI

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Une manifestation en faveur de l'augmentation du salaire minimum à 15 $ de l'heure à Montréal, le 15 octobre dernier

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal

Le président de la FTQ, Daniel Boyer, s'étonne de voir que le premier ministre Philippe Couillard, d'habitude si prompt à comparer l'économie québécoise à l'économie ontarienne, s'abstienne maintenant de le faire, alors que l'Ontario vient d'annoncer que le salaire minimum y sera graduellement haussé à 15 $ en 2019.

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a annoncé, mardi, que le salaire minimum passera de 11,40 $ l'heure à 11,60 $ en octobre, puis à 14 $ le 1er janvier prochain et à 15 $ en 2019.

«C'est sûr qu'on serait totalement satisfait de ça!» s'est exclamé le président de la plus grande centrale syndicale du Québec, au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, jeudi.

La FTQ demande déjà une hausse du salaire minimum à 15 $ le plus rapidement possible et a déjà suggéré des hausses graduelles de 70 cents par année pour y parvenir. Le salaire minimum au Québec vient d'être haussé de 10,75 $ à 11,25 $ le 1er mai dernier.

La première ministre de l'Ontario a justifié ces hausses par une question de revenu décent et de justice sociale, en plus de vouloir stimuler l'économie locale.

«J'écoutais les arguments de la première ministre: ce sont des arguments qu'on mentionne depuis belle lurette. On dirait que c'est moi qui parlais, en affirmant que hausser le salaire minimum va faire tourner l'économie et que ça va augmenter la richesse et permettre à des gens de consommer plus localement», a commenté M. Boyer.

Le Québec «est en train de se faire dépasser par tout le monde», déplore le président de la FTQ, qui rappelle qu'en plus de l'Ontario, l'Alberta a également annoncé qu'elle hausserait son salaire minimum à 15 $, et même dès octobre 2018, dans son cas.

M. Boyer propose au gouvernement du Québec de former un comité de travail qui réunira toutes les études qui ont été réalisées sur la question, entendra les acteurs intéressés et fera de solides recommandations.

Ne pas imiter

Tout à l'opposé, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) conseille à Québec de ne surtout pas imiter l'Ontario.

Au cours d'une entrevue, sa vice-présidente principale, Martine Hébert, a dit craindre, par exemple, que des travailleurs au salaire minimum dans la région de Gatineau se rendent désormais à Ottawa pour travailler, vu la grande différence de salaire entre les deux villes.

«Qu'est-ce que ça va avoir comme impact, ce qui est annoncé en Ontario, particulièrement sur les entreprises qui sont situées dans les régions limitrophes de l'Ontario, comme à Gatineau? Est-ce qu'on va avoir un exode de certains travailleurs dans certains domaines, qui vont traverser le pont pour aller travailler de l'autre côté et que ça va créer certaines difficultés à des PME» du Québec? a-t-elle demandé.

Mme Hébert estime que la hausse de 10,75 $ à 11,25 $ l'heure annoncée par Québec est beaucoup «plus raisonnable» et moins nuisible aux petites et moyennes entreprises que sa fédération représente.




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