Teachers emboîte le pas à la CDPQ et au Fonds de solidarité

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Pierre Beaudoin, président directeur du conseil d'administration de Bombardier.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Le Régime de retraite des enseignants de l'Ontario a décidé d'emboîter le pas à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) et au Fonds de solidarité FTQ en refusant de voter pour la réélection de Pierre Beaudoin à présidence du conseil d'administration de Bombardier en plus de s'opposer à l'approche de la multinationale en matière de rémunération de ses patrons.

Également connu sous le nom de Teachers, l'investisseur institutionnel dit être préoccupé par les décisions prises par le conseil alors que la performance de l'avionneur n'est pas encore au rendez-vous.

«Nous estimons qu'il manque de détails importants (...) ce qui fait en sorte que le lien entre la rémunération et la performance n'est pas suffisamment justifié», a fait valoir Teachers, mardi, sur son site web.

Teachers n'a pas dévoilé sa participation dans Bombardier étant donné qu'elle est inférieure à 150 millions $. Le régime de retraite ontarien n'a pas voulu expliquer davantage sa position.

En ce qui a trait à M. Beaudoin, l'investisseur institutionnel affirme que «les récents événements confirment la nécessité» que le conseil d'administration soit dirigé de façon indépendante.

Cette sortie de Teachers vient une fois de plus accroître la pression sur Bombardier, qui tiendra son assemblée annuelle des actionnaires jeudi, à son centre de finition des avions d'affaires Global, à Dorval.

Lundi, la CDPQ et le Fonds de solidarité - qui détiennent respectivement 53 et 21 millions d'actions - avaient justifié leur position en affirmant que le temps était venu d'avoir un administrateur indépendant à la tête du conseil d'administration. Pour cette raison, les deux investisseurs institutionnels ont décidé de s'abstenir de voter en faveur de la réélection de M. Beaudoin.

La corporation d'investissement et de gestion de la Colombie-Britannique, qui détient près de sept millions d'actions de la multinationale, a également voté de la même façon en plus de s'opposer à la réélection des membres non indépendants du conseil.

Questionnée après que Teachers eut imité les autres investisseurs institutionnels, Bombardier a réitéré que la question de la rémunération et de l'élection des administrateurs est à l'ordre du jour de l'assemblée annuelle.

«Et oui, M. Beaudoin est candidat tel qu'annoncé dans notre circulaire», a précisé un porte-parole, Simon Letendre, par courriel.

En raison de la pression populaire, Bombardier avait repoussé d'un an, soit jusqu'en 2020, certains paiements qui devaient être versés à compter de 2019 à ses six plus hauts dirigeants. Initialement, la rémunération globale de ceux-ci devait totaliser 32,6 millions $, ce qui représentait une augmentation de 50 pour cent sur un an.

Grâce aux actions à droit de vote multiple, la famille Beaudoin-Bombardier contrôle 53,23 pour cent des droits de vote.

L'an dernier, la résolution consultative non contraignante sur l'approche de l'entreprise en matière de rémunération des membres de la haute direction avait été appuyée dans une proportion de 96,06 pour cent par les actionnaires.

L'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada ainsi que le fonds souverain de la Norvège - deux autres investisseurs institutionnels qui sont aussi d'importants actionnaires de Bombardier - n'ont pas encore fait connaître leur position.

Ottawa ne s'en mêle pas

Par ailleurs, le gouvernement Trudeau, qui a consenti un prêt de 372,5 millions $ à Bombardier en février pour le développement CSeries et l'avion d'affaires Global 7000, n'a pas l'intention de s'immiscer dans le débat qui fait rage entre l'entreprise et certains de ses importants actionnaires.

Contrairement à la CDPQ, par exemple, le gouvernement fédéral ne détient pas d'actions de Bombardier et n'est pas en position de faire de demande à l'avionneur, a rappelé le ministre de l'Innovation, Navdeep Bains, à Ottawa.




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