Bois d'oeuvre: Trump sort la hache de guerre

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Le président américain Donald Trump et le premier ministre Justin Trudeau lors de leur rencontre à Maison-Blanche, en février

AFP, Saul Loeb

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Jean-Louis Doublet
Agence France-Presse
Washington

Donald Trump a lancé une offensive tous azimuts contre le Canada, déclarant la guerre commerciale au principal partenaire économique des États-Unis, en imposant des taxes sur le bois de construction et menaçant de mesures de représailles dans le secteur laitier.

«Les gens ne réalisent pas que le Canada a été très dur avec les États-Unis. (...) Pendant des années, ils ont été plus malins que nos dirigeants», a déclaré M. Trump mardi en ajoutant qu'il n'avait pas peur d'une guerre commerciale avec le Canada.

«Je suis poli, mais je suis aussi très ferme dans la défense des intérêts du Canada», a répondu M. Trudeau dans un entretien mardi à la chaîne CTV News. «Nous allons engager respectueusement, mais fermement» un dialogue avec les États-Unis pour leur démontrer la complexité de l'intégration des deux économies frontalières, a-t-il ajouté.

À l'origine de cette tension inhabituelle entre les deux voisins nord-américains, la décision lundi soir des États-Unis d'imposer des taxes à l'importation de certaines catégories de bois de construction canadien et les menaces mardi de M. Trump de riposter à des mesures canadiennes limitant les importations de certains produits laitiers américains.

Les relations entre Donald Trump et Justin Trudeau passaient pourtant pour plutôt bonnes. Mais, fidèle à ses promesses de campagne, M. Trump est passé à l'offensive contre des accords commerciaux qui, selon lui, désavantagent les Américains.

Réunis, avec le Mexique, par l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), les États-Unis et le Canada ont un volume d'échanges commerciaux annuel de près de 545 milliards de dollars, se traduisant, selon les chiffres américains, par un déficit de 11,2 milliards de dollars aux dépens de Washington.

Mais en frappant le bois de construction, appelé bois d'oeuvre au Canada, Donald Trump réveille un vieux dossier qui divise les deux voisins depuis 35 ans.

L'ensemble des importations de bois de construction canadien aux États-Unis s'est élevé en 2016 à 5,66 milliards de dollars, a précisé le ministère du commerce américain en annonçant lundi soir des taxes à l'importation allant de 3,02 % à 24,12 % selon les produits. Mais seulement certains, sur ce total, sont visés.

Les producteurs américains accusent leurs homologues canadiens d'exporter ce matériau à un prix de dumping, c'est-à-dire inférieur aux coûts de production grâce aux subventions qu'ils reçoivent.

Le lait en ligne de mire 

Le Mexique semblait jusqu'à présent la cible privilégiée de Donald Trump, mais il a donc choisi de tourner dans l'immédiat ses canons commerciaux vers son voisin septentrional.

Le secrétaire au Commerce américain Wilbur Ross a souligné mardi dans des déclarations à la Maison-Blanche que le Canada était «un allié proche, un allié important» des États-Unis.

«Ils sont généralement un bon voisin, mais cela ne veut pas dire qu'ils ne doivent pas suivre la règle du jeu», a-t-il lancé.

«Nous inonder de bois, ce n'est pas du bon voisinage et il y a le sentiment dans l'industrie laitière qu'ils ont pris une décision un peu abrupte la semaine dernière», a-t-il ajouté.

Le lait en effet est un autre des dossiers que l'administration américaine veut mettre sur la table.

En visite la semaine dernière dans le Wisconsin, un État du nord des États-Unis grand producteur de lait et de fromage, Donald Trump avait qualifié de «honteuses» les mesures canadiennes de limitation des importations de concentré de protéines de lait.

Celles-ci placent les producteurs de lait américains dans une situation difficile alors que les Canadiens affirment qu'elles ne visent qu'à enrayer les effets d'une surproduction de l'autre côté de la frontière.

Ces salves américaines entrent dans le cadre du souhait de Donald Trump de renégocier l'ALENA. Il a dénoncé pendant la campagne cet accord conclu en 1994, le qualifiant de «désastre» pour l'économie américaine et l'accusant de la disparition de millions d'emplois.

«Si l'ALENA fonctionnait correctement, il n'y aurait pas ce genre de situations épineuses et malvenues l'une après l'autre. Donc je pense que l'ALENA n'a pas fonctionné comme il aurait dû», a estimé M. Ross mardi.

Cette offensive commerciale de l'administration américaine menace aussi d'autres secteurs et partenaires. M. Trump a notamment évoqué la semaine dernière de possibles mesures dans le secteur de l'acier, affirmant que la baisse de la production nationale du fait de la hausse des importations menaçait la sécurité nationale du pays.




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