Bois d'oeuvre: «choc» chez Atlas, à Low

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Paul Gaboury
Le Droit

Sur une belle lancée depuis sa réouverture il y a deux ans, l'usine des Entreprises Atlas de Low pourrait subir encore une fois les conséquences désastreuses des droits compensatoires imposés par le gouvernement américain.

« Environ 35 % du volume de pin est exporté aux États-Unis. L'imposition d'un droit de 20 % sur le bois vendu au sud de la frontière a été reçu comme un choc » admet le directeur général, Franck Chaboud.

Lors du dernier épisode de l'affrontement sur les droits compensatoires en 2007-2008, l'usine avait dû fermer ses portes. Elle embauchait alors plus de 90 travailleurs. 

Depuis sa réouverture il y a deux ans, l'entreprise emploie environ 40 employés. 

C'est aussi sans compter la dizaine de sous-traitants, et tous les travailleurs qui font la coupe de bois en forêt qui travaillent pour différentes entreprises, explique M. Chaboud.

La scierie touchée ? 

À court terme, l'entreprise, une division de Commonwealth, pourrait avoir à décider si la scierie continuera à fonctionner cet automne. « La décision sera peut-être de fermer la scierie. On pourrait continuer avec notre inventaire de bois pour l'usine. Mais pour combien de temps ? » a expliqué M. Chaboud.

Chez Atlas, on comprend mal que des droits compensatoires soient imposés sur le pin blanc de l'est du Canada, un bois mou de haute qualité, mais qui n'est pas un bois de construction.

« Le pire, c'est que le volume de ce bois provenant des États-Unis vendu au Canada est trois fois plus élevé que ce qui est exporté par le Canada aux Américains. La décision du gouvernement américain est donc difficile à comprendre », rappelle M. Chaboud.

Ce dernier souligne que les efforts du gouvernement fédéral pour ouvrir le marché de la Chine, par exemple, peuvent aider les entreprises situées dans l'Ouest canadien. « On ne remplace pas facilement un marché si près qui représente 35 % de vos ventes » expliqué M. Chaboud.

« Une décision injustifiée »

Le député fédéral de Pontiac, William Amos, est « en colère » contre la décision du gouvernement américain d'imposer des droits compensatoires pouvant aller jusqu'à 24 % sur le bois d'oeuvre canadien qui auront un impact important sur plusieurs entreprises de l'industrie forestière de l'Outaouais.

« C'est une situation de frustration totale. C'est une décision injustifiée et mal fondée. Les Américains sont nos amis, mais ils veulent imposer un mauvais deal. Il n'en est pas question. Nous allons nous défendre. Devant les tribunaux, nous avons toujours gagné depuis 1983 », a déclaré le libéral Amos, qui appuie sans réserve la position prise par son gouvernement dans ce dossier.

Le député fédéral de Pontiac, William Amos... (Patrick Woodbury, archives Le Droit) - image 3.0

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Le député fédéral de Pontiac, William Amos

Patrick Woodbury, archives Le Droit

Après avoir pris connaissance de la décision américaine, le député Amos a pris la direction de l'usine des Entreprises Altas de Low, frappée de droits de 20 %.

« C'est vraiment incroyable. L'usine d'Atlas à Low connaît un beau succès. Mais ils vont devoir payer ces droits de 20 % rétroactivement pour 90 jours, alors qu'ils ne font pas du bois d'oeuvre. Ils travaillent le pin blanc de l'est du Canada pour en faire un produit de haute qualité. Ils ne devraient même pas être visés par ces droits compensatoires ».

L'entreprise Résolu, qui possède notamment des installations à Maniwaki avec 150 employés environ, fait aussi partie des cinq forestières sur lesquelles le département du Commerce américain a basé sa décision. 

Résolu devra payer des droits compensatoires de 12,8 %, basés sur les informations que l'entreprise a pu faire valoir au département du Commerce américain, a expliqué le député Amos.

Une attaque frontale

Le maire de Thurso, Benoît Lauzon, a dénoncé vigoureusement la décision de Washington, et il presse le premier ministre Justin Trudeau d'agir.

« La mise à exécution de la menace américaine sur le bois d'oeuvre n'est ni plus ni moins qu'une attaque frontale contre les régions forestières et l'ensemble de l'économie québécoise. Cette approche protectionniste pénalisera non seulement les grands consommateurs américains de bois d'oeuvre, mais surtout l'ensemble des communautés forestières de ce côté-ci de la frontière », a déclaré M. Lauzon dans un communiqué.

« Il est urgent que M. Trudeau fasse entendre raison à son homologue américain et annonce des mesures pour atténuer les impacts de ces droits compensatoires pour les familles des quelque 220 municipalités dont les emplois et les revenus dépendent du secteur forestier », a continué M. Lauzon.

M. Lauzon, qui est membre du Comité sur la forêt de l'Union des municipalités du Québec, interpellera dès cette semaine ses collègues des autres régions forestières concernant la crise du bois d'oeuvre pour discuter des actions de mobilisation à prioriser.

L'économie de Thurso est étroitement liée au secteur forestier.




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