Après le bois d'oeuvre, Trump s'attaque aux produits laitiers

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Le président des États-Unis, Donald Trump

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Alexander Panetta
La Presse Canadienne
Washington

Tout juste après avoir imposé des droits compensatoires sur le bois d'oeuvre canadien, le président américain Donald Trump menace maintenant de s'en prendre à l'industrie des produits laitiers, son voisin du Nord étant récemment et soudainement devenu sa cible de choix en matière de commerce.

Le président Trump a écrit sur Twitter, mardi, que «le Canada a rendu très difficile de faire des affaires pour nos producteurs laitiers du Wisconsin et d'autres États frontaliers. Nous n'accepterons pas cela. Regardez bien!»

Ces propos ont été écrits au lendemain de l'annonce, par son administration, de l'imposition de droits compensatoires pouvant aller jusqu'à 24 pour cent sur le bois d'oeuvre canadien. Ce taux pourrait augmenter plus tard cette année.

Le bois d'oeuvre et les produits laitiers sont des irritants de longue date dans la relation commerciale entre les deux pays et étaient déjà considérés comme des dossiers épineux par les présidents précédents.

Ce qui a changé, c'est la façon dont Donald Trump exploite cet enjeu.

Alors que Barack Obama parlait du bois d'oeuvre comme d'un irritant mineur, son successeur en fait un exemple du ton dur qu'il souhaite dorénavant adopter en matière de commerce.

Ses critiques soudaines envers le Canada représentent un changement de cap comparativement aux premiers jours de sa présidence. Soudainement, il se plaint moins de la Chine et du Mexique et davantage de son voisin du Nord.

Dans un échange avec des médias conservateurs rassemblés à la Maison-Blanche, tard lundi, le président aurait déclaré, selon Breitbart News: «Nous aimons le Canada, des gens merveilleux, un pays merveilleux, mais ils ont été très bons pour profiter de nous par le biais de l'ALÉNA (Accord de libre-échange nord-américain).»

Puis, son secrétaire au Commerce a fait tout ce qu'il pouvait pour lier ce conflit à des critiques plus larges au sujet des produits laitiers et de l'ALÉNA: «Ce fut une mauvaise semaine pour les relations commerciales canado-américaines», a déclaré Wilbur Ross.

«Ce n'est pas ce que nous percevons comme un accord de libre-échange qui fonctionne adéquatement.»

Le conflit sur le bois d'oeuvre s'inscrit dans un enjeu commercial beaucoup plus important: la renégociation de l'ALÉNA.

Malgré les remarques du président et de son secrétaire au Commerce, ni le bois d'oeuvre ni les produits laitiers ne sont couverts par l'ALÉNA dans sa forme actuelle. Certains acteurs de ces industries seraient toutefois satisfaits que des clauses sur l'un ou l'autre de ces sujets soient ajoutés à l'accord.

«Une décision injustifiée et mal fondée»

Le député fédéral de Pontiac, William Amos... (Martin Roy, Archives Le Droit) - image 3.0

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Le député fédéral de Pontiac, William Amos

Martin Roy, Archives Le Droit

Le député fédéral du Pontiac, William Amos, est « en colère » contre la décision du gouvernement américain d'imposer des droits compensatoires pouvant aller jusqu'à 24 pour cent sur le bois d'oeuvre canadien qui auront un impact important sur plusieurs entreprises de l'industrie forestière et son écosystème dans la région de l'Outaouais.

« C'est une situation de frustration totale. C'est une décision injustifiée et mal fondée. Les Américains sont nos amis, mais ils veulent imposer un mauvais deal. Il n'en est pas question. Nous allons nous défendre. Devant les tribunaux, nous avons toujours gagné depuis 1983 » a déclaré mardi le député Amos, qui appuie sans réserve la position prise par son gouvernement dans ce dossier.

Après avoir pris connaissance de la décision, le député Amos a pris la direction de l'entreprise Altas, frappée de droits de 20 %, moyenne établie à partir des droits imposés à cinq forestières canadiennes, et ce rétroactivement pour 90 ans, soit depuis janvier dernier. 

« C'est vraiment incroyable car les petites entreprises comme Atlas à Low, qui compte 45 emplois. C'est une entreprise qui connaît un beau succès. Mais ils vont devoir payer ces droits de 19,88 %, rétroactivement pour 90 jours, alors qu'ils ne font pas du bois d'oeuvre. Ils travaillent le pin blanc de l'est du Canada pour en faire un produit de haute qualité. Ils ne devraient même pas être visés par ces droits » selon le député Amos.

L'entreprise Résolu, qui possède notamment des installations à Maniwaki avec 150 employés environ, fait partie de ces cinq forestières sur lesquelles le département du Commerce américain a basé sa décision. Résolu devra payer des droits compensatoires de 12,8 %, basés sur les informations que l'entreprise a pu faire valoir au département du Commerce américain, a expliqué le député Amos.

Paul Gaboury, Le Droit

Bois d'oeuvre : l'UMQ presse Ottawa d'aider l'industrie forestière

L'industrie forestière du Québec est doublement pénalisée par les nouveaux tarifs américains sur le bois d'oeuvre, selon le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin.

Le département américain du Commerce imposera dès mardi des droits compensatoires de 20 pour cent sur les exportations canadiennes.

Ces tarifs s'ajouteront aux frais associés au régime forestier en vigueur au Québec depuis 2013, a expliqué Gilles Potvin qui est également porte-parole du comité de la forêt pour l'Union des municipalités du Québec (UMQ). En vertu de ce régime, 25 % de l'approvisionnement en bois est mis aux enchères.

L'UMQ dénonce vigoureusement la décision du département américain du commerce et exige un coup de pouce du gouvernement fédéral le plus rapidement possible sous la forme de garanties de prêts pour les entreprises touchées.

Des représentants du comité de la forêt de l'UMQ s'étaient déplacés à Ottawa en février pour sensibiliser les parlementaires, mais M. Potvin dit avoir senti «beaucoup d'indifférence» de la part des députés libéraux.

L'UMQ juge que l'impact financier de la décision américaine pourrait dépasser les 200 millions $. Gilles Potvin craint un ralentissement économique dans les régions ressources.

Le gouvernement Trudeau, lundi soir, a indiqué qu'il allait «défendre vigoureusement les intérêts de l'industrie canadienne du bois d'oeuvre» devant les tribunaux.

Le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, a appelé les entreprises à utiliser les programmes d'aide déjà existants.

Le gouvernement du Québec s'apprêterait à annoncer une aide financière pour l'industrie du bois d'oeuvre mardi après-midi.

Mylène Crête, La Presse canadienne




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